Commentaire composé de "l'albatros", baudelaire

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  • Publié le: 20 février 2010
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« L’Albatros »
Baudelaire, Les Fleurs du Mal (1857 et 1861)

Apparemment anodine, la capture de l’albatros par l’équipage révèle en fait la vision du poète selon Baudelaire.
En quoi ce poème allégorique révèle-t-il une double image du poète, supérieur par son génie, mas incompris de ses contemporains ?
Il sera intéressant d’analyser successivement la majesté de l’albatros avant sacapture, son ridicule par la suite, et enfin de comparer la vision de l’albatros et celle du poète.

La majesté de l’albatros avant la capture

Des expressions métaphoriques font ressortir la noblesse de l’albatros : « rois de l’azur », « prince des nuées », grâce au champ lexical de l’aristocratie.
L’expression « indolents compagnons de voyage » marque la confianceet la nonchalance de ces oiseaux, portés à l’égal de l’homme.
La double caractérisation des ailes fait ressortir le blanc, symbole de pureté dans la civilisation occidentale, et le caractère imposant : « grandes », qui apparaissait déjà dans « vastes oiseaux des mers » et « ailes de géant ». Ces expressions, dont certaines sont hyperboliques, soulignent le caractère dominant,impressionnant de l’animal.
On remarque tout au long du texte des périphrases, mises en relief par le fait qu’elles occupent une grande place dans le vers, et dont certaines sont placées à la rime ou mises en apposition (effet d’ampleur).
Le démonstratif (« ces », « ce ») a pour objectif de valoriser l’albatros.
Le pluriel suggère la force des albatros, en groupe.Allitérations en [v], [s], [f], qui donnent une impression de fluidité et de majesté au vol de l’oiseau.

Transition : Les albatros sont représentés comme des oiseaux majestueux, d’une grande envergure, cependant ils deviennent rapidement des victimes lorsque des marins les capturent.

Le caractère pitoyable de l’albatros capturé par les marins

Cruauté,grossièreté des hommes d’équipage

Le rythme binaire « l’un », « l’autre » souligne que tout l’équipage est occupé à martyriser l’animal.
Les verbes d’action « agace », « mime » et les termes « comique », « planches » (lieu d’exhibition grotesque), « huées » montrent que les marins font de cette capture un spectacle, une farce.
« Pour s’amuser » montre qu’il s’agit d’unsimple divertissement, d’une cruauté gratuite.
La désignation des marins par la simple expression « les hommes d’équipage », qui est fonctionnelle, générale, accentue leur vulgarité.
La trivialité ressort avec l’expression familière « brûle-gueule ».

Le caractère ridicule de l’albatros

Les 2 adjectifs coordonnés mis en relief à la rime : « maladroits ethonteux » et l’adverbe « piteusement » (4 syllabes)
Une série d’antithèses :
« ce voyageur ailé » ≠ « gauche te veule »
« si beau » ≠ « comique et laid »
« l’infirme qui volait »
« rois de l’azur » ≠ « maladroits et honteux »
« avirons » (objet utilitaire, expression prosaïque) ≠ « grandes ailes blanches » (expression poétique)  Ce sont cesmêmes ailes blanches qui faisaient autrefois sa grandeur qui deviennent un obstacle, l’handicapent.
La troisième strophe ajoutée exprime la pitié que ressent le poète grâce à des tournures exclamatives et emphatiques, qui font ressortir la gaucherie de l’albatros à travers la série d’adjectifs à la rime.
Les verbes « empêcher » et « exilé sur le sol » le montrent comme unanimal condamné. Il est passif : « exilé » et « déposé » (participes passés), alors qu’il était actif (« suivent »). Il n’est plus maître de son destin, de dominant il devient dominé : « déposé »  assimilé à un objet.
Les notations temporelles font bien apparaître l’opposition entre l’état ancien de l’albatros et sa nouvelle condition : « à peine » et l’imparfait « volait »....
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