Commentaire compose baudelaire le balcon

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  • Publié le : 7 juin 2010
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Le Balcon
de
Charle BAUDELAIRE

Gustave CAILLEBOTTE, 1880, "L'Homme au balcon"
Huile sur toile 116 cm x 90 cm
Le poème « Le Balcon», écrit par Charles Baudelaire, fait partie de la section Spleen et Idéal du recueil Les Fleurs du Mal, publié en 1857. Le poète, annonçant le symbolisme, esquisse le souvenir d’une femme aimée. Elle nous est introduite à travers un portrait multiple etun chant de réminiscences spleeniennes. Réalisant son impuissance face au Maitre de la Fuite, Baudelaire tente d’enfermer le Temps dans le cadre spatial de l’Idéal tant recherché, non seulement pour revivre la quintessence de la relation amoureuse désunie, mais essentiellement pour « l’art d’évoquer ».
Dans ce poème, Baudelaire représente la femme comme universelle, un être supérieur à toutedescription. Il élucide avec une complaisance tenace les liens secrets de la mère et de la maitresse d’où la seconde reçoit sa lumière et sa signification de la première. Il accentue ses « attraits » envers elle jusqu'à en faire une véritable icône. Une femme unique et éminente, qui domine tout le capital sentimental du poète. Elle incarne l’Amour dans l’absolue, identifié à travers le chiasme desdeux premiers vers («  Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs ! Ô toi, tous mes devoirs! »), qui, de plus, marque le rapport antithétique de la figure de la femme. Il signifie que la diversité de celle-ci (qui détient tous les rôles) n’est que l’essence de l’harmonie qu’elle possède en elle et qui nous semble antagonique. L’usage du singulier pour parler de la femmeest mis en valeur par les pluriels qui le contrebalance («Mère », « maîtresse », « reine »,  « ton sein », puis « souvenirs », « maitresses », « les soleils sont beaux », « tes prunelles », « tes beautés langoureuses »).L’antonymie rend justice à son éclatement, faisant d’elle l’origine et l’aboutissement. Elle est simultanément l’une et l’autre. Ainsi l’antithèse du vers 8 « Ô douceur ! Ô poison! » reflète implacablement le statut oppositionnel de la femme baudelairienne, qui tend à être ange et démon à la fois. Cette ambivalence, énoncée clairement dés le début du poème, la place dans une zone d’ombre amplifiée par le jeu de lumière. Cette perception du poète nous est transmite à travers une représentation en « clair-obscur » (« Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon », « les soleilsrajeunis […] « des mers profondes ») qui met en valeur la magnitude de la lumière qu’inspire une femme au poète. C’est une représentation en éclats mais l’unité ne lui manque pas. Les temps verbaux (future, imparfait, passé composé, passe simple et présent) envoient en morceau la structure du poème en chainons reliés fermement. Le temps lui échappe mais son imagination lui sert de complice fidèlepuisqu’elle s’engage à recréer tout un univers fantastique dans « une cloison » poétique. En répétant le premier vers à la fin de chaque strophe, la dichotomie qui régit l’ensemble de l’identité poétique de la femme est scellée.

  Bien que la femme aimée soit au cœur du poème, elle n’est en principe que le déclencheur de l’alchimie poétique. Cette ampleur féminine est le travail du poètes’inspirant d’une identité provocatrice.

Tout comme un peintre peut donner vie à un corps inerte, Baudelaire rétablit le souvenir d’une femme aimée a travers des voiles et des ombres. Elle n’est plus une femme charnelle ou sensuelle, elle est « mère des souvenirs » et «maîtresse des maîtresses ». Il s’agit implacablement de sa Mémoire en premier lieu et puis de son Imagination, l’éternellemaitresse qui manœuvre le poète à revivre ses sensations du passé, et à préfigurer un instant futur (« Tu te rappelleras la beauté des caresses », « Renaîtront-ils d'un gouffre »). Le poète aperçoit le passe et le futur d’une clairvoyance (« […] mes yeux dans le noir devinaient […]) qui le transporte à travers les lamelles du temps indomptable pour revivre un souvenir intemporellement. Il est...
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