Commentaire compose sartre situations

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  • Publié le : 23 avril 2010
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Dans ses Situations, Sartre a regroupé l’ensemble des essais qu’il a rédigés entre 1947 et 1976. Le titre de ce recueil renvoie parfaitement à la philosophie qu’il a développée toute sa vie : l’homme vit dans un monde absurde, la seule façon qu’il a de donner un sens à sa vie est d’agir, agir c’est être et pour être, il faut se situer car se situer c’est interpréter l’environnement (politique,social, économique, affectif, …)
Le texte que nous proposons d’étudier est extrait des Situations, III, 2 où Sartre a rendu compte des impressions que lui ont laissées les grandes villes américaines. C’est à New York, capitale par excellence, qu’il s’attache particulièrement ici.
Son approche est pour le moins surprenante. En effet, d’abord, elle est très « impressionniste » : sa déclarationd’amour à la ville est extrêmement sensuelle. Mais surtout, il parvient à y transformer ce symbole d’urbanisation qu’est New-York en un symbole de puissance sauvage et naturelle.
Nous montrerons donc dans une première partie, comment Sartre est tombé amoureux de New York.
Ensuite, nous verrons dans une deuxième partie qu’il cherche à partager et généraliser son expérience avec le lecteur (surtouteuropéen).
Enfin, dans une troisième partie, nous verrons comment Sartre, parvient à transformer le symbole d’urbanisme le plus moderne qu’est New York, en un symbole de puissance sauvage et naturelle.

Ce texte nous raconte d’abord comment Sartre est tombé amoureux de la ville de New York.
Effectivement, le texte s’ouvre directement sur une anaphore qui reprend trois fois de suite le pronompersonnel « j’ »/ « je », qui désigne évidemment Sartre lui-même. A ce stade de la lecture, on peut donc imaginer qu’il va s’agir d’une histoire d’amour personnelle.
« J’aime New York. J’ai appris à l’aimer. Je me suis habitué à ses ensembles massifs, à ses grandes perspectives. »
On a ici une gradation qui se développe sous deux formes. C’est tout d’abord une gradation sur le plan mélodique, carles phrases se prolongent progressivement. C’est aussi une gradation pour la façon progressive avec laquelle Sartre a apprit à aimer New York. « J’aime New York. » C’est un présent de l’indicatif à valeur énonciative. « J’ai appris à l’aimer. » et « Je me suis habitué à ses ensembles massifs, à ses grandes perspectives. ». Ce sont là, deux passés composés qui permettent d’évoquer des actionsaccomplies au moment de l’énonciation, limitées dans le passé et antérieures au présent.
De plus, quand Sartre dit « J’ai appris à l’aimer. », on n’a l’impression pas que l’amour qu’il a pour New York, relève du coup de foudre traditionnel qui engendre l’amour, puisque ici l’amour semble avoir nécessité un apprentissage progressif. Cette thèse se confirme à la phrase suivante. « Je me suis habitué àses ensembles massifs, à ses grandes perspectives. » Sartre, nous livre ici la première notion d’habitude qui s’est apparemment développée à travers le regard. C’est donc avec l’habitude que Sartre a appris à aimer New York. Il n’y a pas eu de coup de foudre.
Cependant, on peut penser que son amour pour New York est tel à présent, qu’il nécessite le besoin de personnifier la ville. « J’aime NewYork ». Effectivement, on dit aussi « j’aime » pour caractériser une relation que l’on a avec quelqu’un.
On voit donc qu’il existe une véritable histoire d’amour entre Sartre et New York, principalement développée grâce à l’éducation du regard et de l’esprit.
« Mes regards ne s’attardent plus sur les façades, en quête d’une maison qui, par impossible, ne serait pas identique aux autres maisons.» On retrouve tout d’abord la notion d’habitude qui a permis à Sartre d’apprendre à aimer New York mais aussi l’évocation du rôle du regard. Effectivement, selon Sartre, « Quand on sait regarder les deux rangées d’immeubles qui comme des falaises, bordent une grande artère, on est récompensé. ». Ici, le verbe « savoir » suggère qu’il faut avoir une véritable connaissance de la vue pour aimer...
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