Commentaire compose sur le portrait du colonel chabert

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  • Publié le : 6 avril 2011
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« Le colonnel Chabert », roman réaliste d’Honoré de Balzac paru dès 1832, s’inscrit dans « La comédie humaine », œuvre de près de quatre-vingts quinze romans qui témoigne de la volonté de son auteur de se faire l’historien des mœurs. Ce roman qui raconte l’histoire d’un colonel de l’Empire déclaré mort à la bataille d’Eylau et qui revient parmi les vivants est un document historique sur lasociété de l’époque, la Restauration. Chabert, colonel déchu, découvre que ses biens ont été spolié, que son épouse s’est remariée. Voulant retrouver son identité, Chabert se rend chez Derville, un avoué.
L’extrait que nous allons étudier est un portrait du colonel Chabert lors de cette rencontre avec Derville. C’est un portrait saisissant qui illustre tout le génie de Balzac dans la création de sespersonnages car il nous donne une impression, une vision à la fois surnaturelle et réaliste de Chabert. Et l’intérêt de ce passage est là, c’est-à-dire la façon dont Balzac arrive à rendre réaliste le portait d’un homme qui n’est plus qu’un fantôme.
Alors comment Balzac s’y prend- il pour construire cette vision à la fois fantastique et réaliste ?
Et d’abord en quoi le portrait de Chabertest-il celui d’un homme surnaturel ?
« Le spectacle surnaturel que présentait l’ensemble du personnage ». C’est à travers Derville que Balzac nous entraine progressivement dans cette vision fantastique . Il y a d’abord le choc de son apparition puis le mystère qui l’entoure et enfin l’aspect fantomatique de Chabert.
Tout de suite Balzac donne le ton car quand Chabert apparaît c’est d’abord pourDerville un choc et un étonnement qui dure : « le jeune avoué demeura pendant un moment stupéfait » .
Ensuite Balzac en fait un sujet mystérieux. Les conditions dans lesquelles apparaît Chabert sont mystérieuses et cela pour plusieurs raisons. C’est un personnage qui apparaît plongé dans l’obscurité : « l’ombre cachait si bien son corps ». C’est un personnage qui se cache : « son front,volontairement caché sous ses cheveux » ; « ses yeux paraissaient couverts » ; « les bords du chapeau qui couvrait le front du vieillard ».
Au mystère du personnage Balzac y ajoute l’apparence du fantôme. Il y ‘a d’abord l’inquiétude grandissante qui précède, pour Derville comme pour chacun d’entre nous, l’apparition d’un spectre et cette inquiétude s’exprime à travers le spectacle de son immobilité : « Lecolonel Chabert était aussi parfaitement immobile que peut l’être une figure de cire » Ensuite, à cette immobilité succède l’évocation de la mort  qui installe la vision fantomatique de Chabert . L’emploi du champs lexical de la mort le confirme : « L’absence de tout mouvement dans le corps, de toute chaleur dans le regard » ; «  figure de cire » ; « pâle » ; « livide » ; «  yeux couverts d’unetaie transparente » ; « physionomie cadavéreuse » ; Enfin l’expression « cette vieille tête »qui nous donne l’impression d’une tête se promenant sans son corps achève de nous convaincre avec horreur de cette vision de spectre .
Chabert est donc ce revenant, ce mort vivant qui revient d’entre les morts et Balzac nous l’impose par touches successives et progressives comme un peintre qui choisitavec soin ses couleurs, amenant le lecteur à se convaincre de cette vision surnaturelle. Et c’est avec ce même souci, ce même sens du détail, ce génie dans la création de ses personnages que Balzac réussit aussi à nous rendre Chabert réaliste.
Alors comment s’y prend Balzac pour faire de Chabert un portrait si réaliste ?
« Mais un observateur, et surtout un avoué, aurait trouvé en plus de cethomme foudroyé les signes d’une douleur profonde » Balzac fait le portrait d’un homme en souffrance et c’est en cela qu’il impose sa vision réaliste et la réalité de cette souffrance, Balzac va lui donner plusieurs dimensions . Une dimension d’abord picturale puis scientifique et médicale et enfin et surtout dans un souci de vérité il dresse un portrait sans concession de cette souffrance....
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