Commentaire concordat 1801

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  • Publié le : 30 mai 2011
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COMMENTAIRE

INTRODUCTION:

Au lendemain du coup d'état du 18 Brumaire, Bonaparte, Premier Consul, sait que pour se maintenir, il doit régler la crise religieuse qui agite la France depuis dix ans. Le Concordat de 1801 entre Bonaparte et Pie VII, c'est à dire les 17 articles qui ont ramené en France la paix religieuse à une époque troublée, a été signé le 26 messidor an IX. Le Concordatsatisfait d'une part, le culte et la République, en reconnaissant que la religion de « la grande majorité des Français » a droit à un culte libre et public dans une République à qui elle doit fidélité tandis que se pose la question de la profession de foi personnelle du souverain et, d'autre part, les personnes et les biens, en renouvelant l'épiscopat et le régime de la propriété ecclésiastique, parune nouvelle circonscription des diocèses, des démissions et des nominations massives, et en convaincant Rome de renoncer aux biens ecclésiastiques aliénés conte la fonctionnarisation du clergé.
Le contexte historique de ce Concordat fut très délicat, elle exige qu'elle soit rappelée la situation de l'Église en France sous la Révolution. Avec l'abolition des privilèges du 4 août 1789, le clergén'existe plus en tant qu'ordre et ne reçoit plus la dîme. Le 2 novembre, ses biens sont nationalisés. Le 12 juillet 1790 est votée la Constitution civile du clergé, qui abroge le régime Concordataire de 1516, et à laquelle les députés demanderont aux prêtres de prêter serment, ainsi qu'à « la Nation, à la loi et au Roi ».La moitié des curés et tous les évêques sauf quatre refusent. On les appelleréfractaires ou insermentés, tandis que les autres sont appelés constitutionnels ou jureurs.
C’est le début d’un schisme qui marque la rupture entre l’Église catholique romaine et la
Révolution française. Par le bref Quod Aliquantum du 10 mars 1791, Pie VI condamne la
Constitution et les principes de la révolution. Rome ne reconnaît plus désormais que les
évêques légitimes, c’est-à-direréfractaires, qui sont à l’inverse de plus en plus illégitimes en
France. L’Église constitutionnelle elle-même n’est plus à l’abri : le
18 septembre 1794, son budget est supprimé, ce qui marque la séparation de l’Église et de
l’État. Comme une respiration ayant atteint son apogée, la politique révolutionnaire à l’égard
de l’Église ne peut plus désormais que s’assouplir. Les mesures prises contre lesprêtres
réfractaires sont finalement abolies le 24 août 1797.C’est alors que Bonaparte entre en scène. Dès l’automne 1799, le premier consul poursuit la détente déjà amorcée. les prêtres ayant prêté tous les
serments, ceux ayant abdiqué leur sacerdoce et ceux qui se sont mariés sont exemptés de la
déportation (29 novembre 1799). Les églises sont restituées aux citoyens, l’obligation de lesmaintenir fermées est annulée, l’autorisation de les ouvrir le dimanche est donnée (28
décembre 1799), et tout ecclésiastique ayant prêté serment de fidélité à la constitution
nouvelle est autorisé à célébrer le culte.
C’est dans cet esprit .Bonaparte en personne rencontre le 25 juin 1800 le cardinal Martiniana, pour lui confier une mission : faire part au pape du désir français de régler par un actediplomatique le statut de la religion catholique en France. C’est « l’acte de naissance du Concordat » .L es négociations sont ouvertes. Avant de les examiner plus particulièrement, questionnons le
principe : pourquoi signer un Concordat ? Quels sont les intérêts des forces en présence ? Du
côté français, l’affaire est limpide : le Concordat et plus largement l’Église ne sont jamais que
desmoyens politiques. Bonaparte a une obsession : rétablir la paix, en général (le pays est en guerre perpétuelle depuis le 20 avril 1792 et ne connaîtra la paix que le 25 mars 1802 avec la signature du traité franco-anglais à Amiens), et en particulier rétablir la paix religieuse, c’est-à-dire mettre fin au schisme qui saigne le clergé français depuis la Constitution civile de 1790.
Pourquoi...
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