Commentaire de la chronique de jean de venette

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  • Publié le : 29 mars 2011
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L’exclusion des descendants par les femmes

« L’exclusion des descendants par les femmes » est une chronique dite de Jean de Venette dont on estime la parution aux environ de 1345-1368. Ce prieur du couvant de l’Ordre du Carmel qui se trouve sur la place Maubert à Paris a gagné la sympathie du peuple et se montre assez hostile aux Anglais. Cette opposition estparticulièrement visible dans la chronique étudiée où il critique les prétentions d’Edouard III au trône de France.
La dévolution de la couronne est un sujet absolument fondamental car il détermine la succession des rois français au trône de France.
Cette dévolution, au fil des successions, donne naissance à des coutumes, non-écrite qui ont fait office de règles. Au XIVe siècle, c’est le roi qui fait laloi, ce qui démontre bien l’existence d’un pouvoir royal. Le roi développe des aptitudes nouvelles en étant contraint d’apprendre à gouverner le royaume entier. La royauté met donc en place des structures de gouvernement et le roi s’entoure de plus en plus de juristes, désignés par le terme légiste.
La royauté devient donc une affaire technique, un concept, et la personne physique du roi beaucoupmoins importante.
Par quels moyens juridiques la couronne royale française a-t-elle exclu les femmes du pouvoir ?
Nous aborderons dans une première partie l’organisation de la succession au trône et le principe de masculinité, afin d’appréhender, dans une seconde partie, l’exclusion même des descendants par les femmes suite à une querelle dynastique.

I. La succession au trône marquée parl’absence des femmes

A. La fin du miracle Capétien
Au XIe siècle, les capétiens ont imposé l’hérédité et la primogéniture. Ce sont les rois qui par habileté ont crée ces règles.
Jusqu’en 1314, la dévolution de la couronne se fait sans difficulté. C’est le « miracle capétien ». En effet, durant près de 4 siècles, il y eut un héritier mâle pour succéder au roi défunt.
Le principe del’hérédité s’est imposé en premier. L’affirmation de la règle héréditaire révèle l’originalité de la nouvelle monarchie, dont elle assure, avec le sacre, la continuité. Cette règle est née du refus de l’élection, ainsi que du principe de primogéniture. Le principal inconvénient de l’élection était qu’elle accentuait la faiblesse du pouvoir en permettant aux grands du royaume de désigner le roi. La règle deprimogéniture lui apporte son soutien en assurant la promotion au trône des ainés aux dépens des puinés, sauvegardant ainsi l’unité du royaume. Ce principe acquiert la force d’une coutume par la répétition. Ainsi, la coutume selon laquelle la couronne passe directement de celui qui en est titulaire à l’aîné des descendants mâles s’enracine. Philippe Auguste est le dernier des Capétiens à êtreassocié au trône par son père Louis VII. Ne doutant plus du caractère obligatoire d’une règle qui assure la continuité du pouvoir, Philippe Auguste omet de faire désigner son fils Louis, ce qui n’empêche pas ce dernier de devenir automatiquement roi à la mort de son père. Institutionnalisée par la pratique et la durée, cette coutume est devenue, en quelque sort, constitutionnelle. Le principe selonlequel la couronne de France est promise de façon héréditaire, et par ordre de primogéniture, se trouve définitivement placé au rang de loi fondamentale du royaume. C’est le sacre qui confirme la force obligatoire de cette loi. En effet, la pratique de l’onction, qui constitue le sommet de la cérémonie, confère véritablement à l’héritier du trône sa vocation à régner et, en soumettant le choix duroi à l’approbation directe du Seigneur, rend incontestable les règles de la succession royale.
B. L’affirmation du principe de masculinité
Le problème de l’accès éventuel d’une femme à la couronne de France ne se pose, pour la première fois qu’en 1316, à la mort du roi Louis X, fils ainé et successeur de Philippe Le Bel. Alors que tous les Capétiens, depuis 987, avaient eu au moins un...
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