Commentaire de oradour de jean tardieu

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  • Publié le : 6 juin 2011
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Introduction :
Jean Tardieu (1903-1995), écrivain français, a travaillé aux Musées Nationaux puis chez Hachette et après la guerre, à la Radiodiffusion française. Traducteur de Goethe et de Hölderlin, il reçoit le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres en 1986. . Difficilement classable, poète avant tout et surtout, il écrit aussi pour le théâtre (Théâtre de chambre) et travaille à laradio pendant une vingtaine d'années (Club d'essai). Il remet en jeu les conventions des genres et tente des expériences à propos du langage poétique et de sa relation avec le langage de tous les jours. Son poème « Oradour », composé en heptasyllabes est une longue dénonciation de l’horreur nazie pour que chacun se souvienne, un grand cri de révolte, une plainte lancinante et retentissante, un hymne àl’innocence bafouée. Notons également que ce poème comporte des strophes assez variables. Nous trouverons donc des distiques (2 vers), un quatrain, un quintile (5 vers), un sizain (6 vers), un douzain (12 vers)…
Du vague souvenir ou du néant :
Village en ruine, village fantôme, Oradour n’a jamais été reconstruite après la guerre, parce qu’il fallait laisser une trace de l’ignominie, parce quechacun devait se souvenir pour ne pas recommencer…
1. Le massacre inhumain :
Bien que Tardieu perçoive sa poésie comme non engagé, nous pouvons nous permettre d’affirmer que son poème « Oradour » se pose comme un témoignage touchant et laisse deviner un passé au sein de la Résistance française. Là est le rôle du poète : témoigner, retranscrire les joies et les drames de sa société, se révolteret dénoncer passivement par l’écriture. Un acte absurde et sanglant a eu lieu, le devoir de l’écrivain est de le relater. En effet, les thèmes de la mort, de la souffrance et de l’effroi parsèment tous le texte. Le mal qu’endurent les victimes s’y trouve naturellement dépeint mais également la peur du poète lui-même : «  J’ai peur », « Je n’ose pas », « Je n’ose plus », «  On écoute enfrissonnant ». Il partage la souffrance physique et morale de tous ces malheureux et comme eux, il « crie », il « hurle ». Il trouve insoutenable même le souvenir de cette tuerie généralisée, ne peut y tenir et appuie sur ce fait. Toute image, tout mot évoquant Oradour doit être banni. Cela provoque une trop grande douleur : « je ne peux /je ne peux pas/Voir ni entendre ton nom. » Les marques de négationdemeurent constamment présentes, comme pour appuyer sur l’impossibilité de penser à ce jour fatal. Evidemment, faire la démarche d’aller sur les lieux du crime s’avère exclue (il parait pour l’anecdote que les lieux encore aujourd’hui gardent encore l’atmosphère de ce jour terrible, semblent comme habités par les âmes des défunts) : « je n'ose pas /Approcher de tes blessures/ De ton sang de tesruines… ». Telle une image picturale, une vision d’horreur, le mal physique est illustré à l’aide de mots simples mais frappants ce qui confère au texte toute son originalité et sa puissance évocatrice : « qu'un cœur éclate/
Sous les coups des assassins/Une tête épouvantée/Deux yeux larges deux yeux rouges/Deux yeux graves deux yeux grands/Comme la nuit la folie/Deux yeux de petits enfants. » Nousremarquerons après cette longue citation que Tardieu est féru d’anaphore, de répétitions, de parallélismes de construction, cela sûrement pour mettre en évidence certaines idées ou images, les mettre en relief.
2. Le rien et la simplicité du style :
Au sein du village comme nous décrit le poète rôdent la mort et l’abandon. Plus un souffle de vie, plus rien… Le néant. En effet, les hommes, lesfemmes et les enfants ne sont plus de ce monde. Aucune trace de civilisation, humaine, minérale ou encore végétale. Seuls les ruines et le sang demeurent encore d’actualité après le passage des monstres. Le village serait un amas informe : «  Oradour n'a plus de forme », «  Plus de toits plus de greniers ». Même le temps parait suspendu : « Oradour n'a plus de femmes/ Oradour n'a plus un homme/...
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