Commentaire de texte aventure indienne de voltaire

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  • Publié le : 27 avril 2011
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Voltaire, « aventure indienne » (1766)
Commentaire
depuis la ligne 36 « il avança avec la foule »
jusqu’à la fin du texte.

INTRO :
• Présentation :
- du mouvement des Lumières. Au XVIIIe s, une minorité d’hommes de lettres tente d’améliorer la condition humaine par leurs écrits contestataires, développant un esprit critique qui affranchit l’homme de ses préjugés sociaux,politiques, et de ses superstitions religieuses obscurantistes.
- de Voltaire. Parmi eux, Voltaire dénonce l’injustice et l’intolérance de son temps en privilégiant deux armes efficaces : l’ironie, et l’apologue (pls précisément, le conte philosophique).
• Présentation du texte :
C’est le cas de ce court récit à portée philosophique, « Aventure indienne, traduitepar l’ignorant » (1766), qui, en nous contant un épisode en apparence complètement fantaisiste de la vie du mathématicien grec Pythagore, dénonce en réalité l’intolérance et les abus qui sont bien ceux du XVIIIe s. français.

LECTURE

PROBLEMATIQUE : En quoi, derrière l’apparence anodine d’un conte, se cache une virulente critique du fanatisme, empreinte d’ironie ?

PLAN :
I) L’art duconteur
II) Une parodie de conte merveilleux par le recours constant à l’ironie
III) Une critique masquée de l’intolérance religieuse et des abus de la société du XVIIIe s.

I) L’art du conteur

A) Une forme plaisante, celle de l’apologue

1. un récit merveilleux, empreint d’un exotisme de pacotille :
- espace-temps reculé : l’Inde (dont les habitants sontappelés ici, tantôt « indiens », tantôt « hindous » !) et Crotone / l’Antiquité (Pythagore est un mathématicien de l’Antiquité grecque originaire de Samos : cf « le sage de Samos » ligne 45)
- référence à la mythologie : le récit merveilleux des exploits du dieu Bacchus, et l’évocation des Orphiques (chants épiques de l’Antiquité, aujourd’hui perdus, qui avaient pour personnage principalOrphée)
- des noms de dieux exotiques : Brama et Xaca
- des références culturelles surprenantes : c’est une société où il faut « tenir en mourant une vache par la queue »

2. une morale –même si elle est ici mystérieuse à première vue : « Sauve qui peut ! », située à la fin du texte et mise en valeur par le ait qu’elle est la seule phrase de tout le texte à être à la formeexclamative et en italiques.

B) Le héros est celui d’un récit d’apprentissage

1. un personnage assez naïf [qui n’est sans rappeler Candide ou l’Ingénu]
- Il se trompe complètement sur la signification de ce qu’il voit, et il faut que le « sage de l’Inde » (l’un des juges) lui explique de quoi il s’agit : Pythagore croit que les deux indiens sont volontaires !... –ce qui apparaîtdans le discours du « sage de l’Inde » : « les deux indiens n’ont nulle envie, dit-il, d’être brûlés » ; s’il apporte cette précision, c’est que c’était là ce que croyait Pythagore !
- La condamnation à mort des deux indiens entraîne chez li une réflexion d’une grande banalité, et donc assez ridicule : « Pythagore jugea que depuis l’herbe jusqu’à l’homme il y avait bien des sujets dechagrin ». Et il considère les malheurs de ces hommes comme un simple « chagrin ».
- Il est vrai qu’il « fit entendre raison aux juges, et même aux dévotes » : mais il faut remarquer que Voltaire passe sous silence son discours (alors qu’il rapporte longuement, et au style direct, celui du juge ami de Pythagore). Sa naïveté apparaît donc ici davantage que son intelligence.

2. Voltaireadopte son point de vue :
- Tout est vu en focalisation interne, à travers les yeux de Pythagore. On suit son regard : « il avança avec la foule jusqu’à la place publique, et ce fut là qu’il vit un grand bûcher allumé, et vis-à-vis de ce bûcher un banc […], et sur ce banc des juges, et ces juges tenaient tous une queue de vache à la main, et ils avaient sur la tête un bonnet […] ; les...
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