Commentaire de texte de saint-thomas d'aquin portant sur le vol

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  • Publié le : 11 mai 2010
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Dans l’opinion courante, quelqu’un qui désobéit à la loi est considéré comme un scélérat, et mérite une peine. Mais lorsque la loi rencontre des circonstances explicatives et souvent ‘’atténuantes’’, bien mal sommes-nous de condamner. Dans cet extrait, Saint Thomas d’Aquin, religieux de l’ordre dominicain ayant vécu au 13ème siècle, interroge indirectement les rapports entre légalité etlégitimité , et réfute le dogmatisme selon lequel un acte puni par la loi est forcément mauvais. Le vol, même s’il est condamnable du point de vue du droit humain, peut-il être justifié ? L’auteur pose en fait que celui-ci est justifié par les droits naturel et divin, lorsqu’il correspond à une nécessité impérieuse (sinon c’est un vol crapuleux). Pour lui, un homme dont la survie est menacée peut s’emparerdu bien d’autrui, sans être puni pour vol.
La réflexion de Saint Thomas d’Aquin peut être divisée en trois parties. Dans un premier temps (l. 1 à 7), l’auteur énonce ceci, suite à un raisonnement déductif : le droit humain étant issu des droits naturel et divin (majeure, principe incontestable en admettant l’existence d’un droit divin), et Dieu ayant mis sur Terre, pour nos besoins, des choses àla disposition de tous (mineure), alors le droit humain devrait aller de pair avec le droit divin et accorder à tous les Hommes des biens selon leur nécessité, même s’ils ne les possèdent pas (conclusion). En deuxième lieu (l. 7 à 15), il énonce ce qui est conséquent à sa précédente conclusion, citation à l’appui : chacun se doit d’aider les plus démunis avec leurs propres biens, par charité.Finalement (l. 15 à 21), l’auteur énonce sa thèse : le vol, condamnable selon le droit humain, est conforme aux droit divin et naturel lorsqu’il s’agit d’une nécessité impérieuse. Dans ce cas, l’acte ne peut même pas être considéré comme un «vol».
Il s’agit maintenant d’étudier linéairement les étapes de la réflexion de l’auteur.
Saint Thomas d’Aquin entame sa réflexion en suggérant une relationévidente entre droits naturel et divin, et droit humain : «En effet rien de ce qui est de droit humain ne saurait déroger à ce qui est de droit naturel ou de droit divin.» Par «droit naturel», selon Le Petit Larousse, on entend «l'ensemble des normes prenant en considération la nature de l'homme et sa finalité dans le monde», c’est-à-dire toutes les lois inhérentes à la nature humaine, inscrites enchaque homme (donc universelles) indépendamment du droit écrit : ce sont en quelque sorte des valeurs, des principes que les hommes s’encouragent à poursuivre, intuitivement selon leur nature, leur «cœur» et leur raison, par le seul fait qu’ils sont des hommes. Celui-ci correspond donc à une Idée de l’Homme au sens où l’entendrait Platon. Le «droit divin», quant à lui, désigne l’ensemble des loisjustifiant et édictant nos actions par la toute-puissance divine : ce sont par exemple les instructions décrétées dans le Décalogue de Dieu, dans la révélation des Évangiles, par la loi du Talion, et c’est aussi ce qui donne au Pape son pouvoir… Finalement, le droit humain désigne toutes les lois écrites qui sont en vigueur dans la société, et qui déterminent donc les conduites des citoyens(c’est donc à la fois le droit civil et le droit pénal). Ainsi, en énonçant la première phrase comme une vérité générale (il utilise le terme «en effet» qui se comprend comme «il est vrai»), Thomas d’Aquin développe l’idée que le droit humain découle directement et sans exception du droit naturel et du droit divin (donc ne va pas à leur encontre), c’est-à-dire que toutes les lois régissant la sociétésont des résultantes des lois à la fois imposées par Dieu et propres aux valeurs de la nature humaine. Pour donner un exemple de cette clause, on peut citer l’interdiction de tuer, acte que tout Homme raisonnable comprend comme mal, puni par Dieu dans les Dix Commandements («Tu ne commettras point d'assassinat»), et puni par la loi.
Dans la seconde phrase («Or selon l'ordre naturel institué...
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