Commentaire de texte du discours de rené viviani du 4 août 1914

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  • Publié le : 23 mars 2011
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Discours du 4 août 1914
Commentaire

Le discours parlementaire de René Viviani est daté du 4 aout 1914, c’est-à-dire au lendemain de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France. En 1914, en Europe, la situation est très tendue depuis des années. La soif de revanche, la course aux armements, la montée des nationalismes, les querelles qui éclatent à propos des colonies, tous ceséléments prépaparaient dès lors le terrain à l’éclatement d’un conflit. Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, est assassiné à Sarajevo. L’Autriche-Hongrie menace alors la Serbie, coupable de l’assassinat : la Russie, alliée de la Serbie, menace donc l’Autriche-Hongrie et obtient le soutien de la France. René Viviani, proche de Jean Jaurès, mort quelquesjours plus tôt, est président du Conseil d’une Assemblée très à gauche, tout en occupant le poste de Ministre des Affaires étrangères : c’est lui qui est chargé de lire dans la première partie du texte le discours de Raymond Poincaré, plus conservateur, Président de la République depuis 1913 et connu pour être un artisan actif de l’alliance franco-russe. S’ensuit alors le discours de René Vivianiparlant à son nom. Les deux discours décrivent une situation d’entrée en guerre, de crise internationale et de défense à tout prix des intérêts français.
En quoi, dès lors, ce texte apparaît-il comme l’affirmation d’une position française au début de la guerre 1914-1918 ? Nous le verrons à travers les origines d’un conflit engageant très singulièrement la France, puis à travers la posture qu’elleadopte dans son entrée en guerre.

Tout d’abord, cette guerre a des origines enracinées dans les années passées et la participation des Etats belligérants n’est pas arbitraire.
La guerre est dans le discours présenté sous l’angle d’une guerre franco-allemandeEn effet, dans les lignes 5 à 6, Raymond Poincaré déclare : « L’Empire d’Allemagne n’a fait, hier soir, que donner tardivement son nomvéritable à un état de fait qu’il avait déjà créé ». Pourtant, Raymond Poincaré est le premier Président de la République française à se rendre à une réception de l’Ambassade allemande depuis 1871. Mais le 31 juillet 1914, l’Allemagne adresse un double ultimatum demandant à la France de donner sa position et de rendre des gages en cas de neutralité, et à la Russie d’arrêter ses prépaparatifsmilitaires. Le 1er août, la France et l’Allemagne décrètent la mobilisation générale. Le même jour, Berlin déclare la guerre à la Russie, et le 3 septembre, la déclaration de guerre est faite à Paris. Selon le plan Schliffien, l’Allemagne, pour éviter une guerre sur deux fronts, décide d’écraser la guerre en six semaines en l’attaquant par surprise, d’où la phrase de Raymond Poincaré lignes 3 à 4 de sondiscours : « Avant qu’une déclaration de guerre nous eût été adressée, avant même que l’ambassadeur d’Allemagne eût demandé ses passeports, notre territoire a été violé. »
Des conflits ont précédé cette déclaration de guerre qui n’est pas née de nulle part : en effet, René Viviani des lignes 4 à 10, cite plusieurs dates qui ont mis en conflit les intérêts d’une part allemands et d’autre partfrançais. Parmi elles, les crises coloniales de Tanger et d’Agadir : le Maroc était un terrain de mésentente entre les deux puissances. L’Allemagne, qui n’avait pas beaucoup de conquêtes coloniales, se sentait brimé dans son expansion par les ambitions françaises sur le Maroc et se sentait ainsi mise à part. Les gouvernements entre eux n’hésitent pas à user de l’arme économique. Ils déclenchentainsi des guerres douanières comme celles que l’Autriche-Hongrie mène entre 1906 et 1911 our essayer de faire renoncer la Serbie à l’alliance française. Prévoyant un risque de crise majeur, Raymond Poincaré tente une rencontre avec l’Allemagne à Bruxelles en 1914 qui échoue, comme l’atteste à la ligne 10 sa phrase : « Au lendemain même du jour où nos alliés et nous, nous exprimions publiquement...
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