Commentaire de texte incipit de thérèse raquin, e. zola

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1007 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 24 mars 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Commentaire facultatif :
L’incipit de Thérèse Raquin (E. Zola)

Observations :

Le naturalisme est un mouvement artistique, utilisé dans la littérature, visant à appliquer dans les romans une méthode scientifique d’analyse des personnages, des tempéraments, des lieux et des comportements.
Thérèse Raquin d’Emile Zola, écrivain français né en 1840 et mort en 1902, est ainsi une étude destempéraments comme l’explique Zola dans la préface de la seconde édition. En effet, Thérèse Raquin était à l’origine publié en feuilleton dans L’Artiste, un journal français du XIX eme siècle, et qui a, par la suite été réédité sous forme de roman.
En quoi cet incipit est-il bien révélateur de l’œuvre Thérèse Raquin ?
Nous répondrons à cette question en trois mouvements. Dans un premier temps, nousverrons comment Zola réussi une description naturaliste à l’aide d’une grande minutie et d’une « mise en situation » des lieux. Puis nous étudierons l’atmosphère déjà pesante et désagréable dès le début du roman mise en place par l’omniprésence de la mort mais aussi de l’insalubrité des lieux. Pour finir, nous analyserons la transformation du réel par l’art à l’aide de figures de styles et d’unedescription pictural.

Dans l’incipit de Thérèse Raquin, la description du lieu de vie des personnages se fait d’une façon singulière ; en effet, le narrateur commence par poser un décor réel, « Au bout de la rue Guénégaud… » ligne 1, « la rue de Seine » ligne 2 etc… Ces lieux existent ou on existé dans le passé. Puis le narrateur entre dans le passage du Pont-Neuf (qui a lui aussi existé) dontil fait une description très minutieuse à l’aide de nombreux adjectifs qualificatifs tels que «la muraille monte, noir, grossièrement crépie … » ligne 22. L’utilisation fréquente du suffixe péjoratif « -âtre » exprime le dégoût que les couleurs suscitent chez le narrateur afin de les retranscrire au lecteur ; « une clarté blanchâtre » ligne 5, « reflets verdâtres » ligne 13. Tous ces outils dedescription rappellent une description picturale. En effet, il n’y a aucuns verbes d’action. Cette scène semble sans vie.
Cependant, le narrateur nous propose « plusieurs tableaux » en effet, il décrit le passage du Pont-Neuf « par les beaux jours d’été » » mais aussi par « les vilains jours d’hiver ». Cela nous permet d’imaginer les lieux dans différentes circonstances. De plus, le narrateurnous expose les lieux selon « différentes vues » ; ce procédé est mis en place par le biais de compléments circonstanciels de lieux tels que « A gauche » ligne 10 ou encore « A droite » ligne 16.

A l’aide de différents procédés, le narrateur suggère au lecteur le thème la mort, tel que dans « les boutiques pleines de ténèbres » ligne 14. Lorsque l’on connaît l’œuvre dans son intégralité, on peutsupposer que le narrateur tente de faire passer un avertissement aux futurs lecteurs ; il nous fait comprendre dès l’incipit que les thèmes principaux du roman seront la mort et le retour d’un spectre, le « corridor étroit et sombre » ligne 2 peut faire penser aux allées étroites d’un cimetière, « une clarté blanchâtre » ligne 6 suggère la fameuse lumière que l’on aperçoit après la mort. Quant aux« cicatrices » dont il est question ligne 23, elles renvoient à celle que Laurent portera au cou après la morsure de Camille et qui se réveille dans tout les moments importants afin de rappeler à Laurent ce qu’il a fait.
Dans cet incipit, les lieux apparaissent sales, la description suscite un profond dégoût chez le lecteur. Le passage du Pont-Neuf ainsi que les boutiques qui s’y trouventapparaissent comme insalubre ; en effet, le champ lexical de l’insalubrité revient fréquemment dans cet incipit ; « noir de crasse » ligne 4, « couverte d’une lèpre » ligne 23 etc. Cette description assez mortuaire des lieux, prédit en quelque sorte la suite des évènements.

Enfin, le narrateur emploi de nombreuses figures de style tels que la personnification ; « une clarté blanchâtre (…) traine...