Commentaire de texte : la ronde sous la cloche d' a. bertrand

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  • Publié le : 21 décembre 2011
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Commentaire : La Ronde sous la cloche d’ Aloysius Bertrand

  « La ronde sous la cloche » est un poème en prose extrait de « Gaspard de la nuit », œuvre posthume (1842) d’Aloysius Bertrand, qui est considéré comme l’inventeur du poème en prose. Cet auteur, que l’on sait passionné du Moyen-âge, est né à Dijon dans une famille modeste. Il fréquentera tout de même les milieux littéraires deParis, mais sa honte de sa pauvreté et sa fierté l’empêchera de trouver sa place parmi les auteurs, et notamment parmi les romantiques. Durant sa vie, il ne rencontrera pas le succès et ce sera seulement au XXème siècle que Gaspard de la nuit trouvera enfin la reconnaissance. Le poème étudié semble être une expérience personnelle relatant un tourment de l’âme sous une forme de cauchemar, d’où laproblématique « De quelle façon lisez-vous ce poème ? ». Afin de répondre à cette problématique nous construirons notre analyse selon trois parties. Premièrement, l’étude de l’expérience personnelle du poète, puis celle de son expérience métaphysique et enfin celle de l’expérience littéraire.

                      Tout d’abord, le poète vit une expérience très personnelle, néanmoins, il semble enproie à un cauchemar qui met en scène douze magiciens inquiétants. Il faut avant tout constater que le poète vit dans son poème, et cela à l’aide d’une avalanche d’adjectifs possessifs tels que « mon » répété cinq fois, « ma » répété deux fois, ou encore du pronom personnel « je », répété à deux reprises. De plus, on remarque de nombreux détails, des objets présents dans le texte, qui disent laprésence d’Aloysius Bertrand. Par exemple, on sait que l’écrivain était passionné du Moyen-âge et on découvre dans son poème deux éléments de cette époque associés à des adjectifs possessifs : « mon luth » et « du Roman de la Rose qui dormait sur mon pupitre ». Ces extraits révèlent également un tempérament artistique que l’on connait à Aloysius Bertrand car il était un écrivain imprégné deromantisme, courant artistique qui s’est développé dans la littérature mais aussi dans la peinture. Par ailleurs, on constate que l’auteur introduit dans son poème deux objets relevant du lexique du sommeil  (« mon lit », « mon oreiller »). On peut supposer qu’il s’agit ici d’une sorte d’invitation à entrer dans le monde du rêve ou du cauchemar.                                                                                                                                               
          En effet, le contexte spatio-temporel du texte incite à croire à une divagation nocturne quelque peu effrayante. On repère d’ailleurs trois éléments qui appartiennent au monde de la nuit : « mon lit », « la lune » et la répétition à deux reprises du nombre « douze » qui rappelle les douze coups deminuit. A cela s’ajoute un environnement très inquiétant avec le lexique de l’orage : « l’orage », « pluie mêlée d’éclairs et de tourbillons », « l’averse », « la foudre », et celui de la peur-panique : « épouvante », « les ténèbres », « courut se cacher », « criaient », « effrayante ». De plus l’expérience vécue est fondée sur des bases visuelles et sonores, ce qui apporte un  réalisme inquiétant,un réalisme propre à n’importe quel cauchemar, ces derniers paraissant toujours plus vrais que nature. En effet, on relève le lexique du bruit (« la grosse cloche », « douze voix », « criaient », « gronda ») et de celui de la vue (« Douze magiciens dansaient une ronde », « mon chardonneret battit de l’aile », « je vis de loin »).En outre, on remarque un jeu de lumières avec des lueurs quitraversent la nuit et disparaissent, provoquant à nouveau un univers très effrayant : « les éclairs », « la lueur », « rouges flammes », « l’ombre ». Tous ces éléments pourraient presque faire penser à ces spectacles désignés par l’expression « son et lumière », mais un spectacle apeurant néanmoins. D’ailleurs, la présence de douze magiciens dansant une ronde ne fait que renforcer un peu plus cette...
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