Commentaire de texte sur un extrait d'emile ou de l'éducation de jj rousseau

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  • Publié le : 24 mai 2010
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Commentaire de texte philosophique - extrait d' Emile ou de l’éducation (J-J. Rousseau) : " Tout sentiment de peine est inséparable du désir de s'en délivrer [...] l'âme cependant restera paisible, et que l'homme se trouvera bien ordonné."

Jean-Jacques Rousseau, dans cet extrait d’Emile ou de l’éducation, traite de nos désirs ainsi que de nos facultés. D’après lui, notre insatisfaction desdésirs résulte de la disproportion entre ceux-ci et le pouvoir de nos facultés. En effet, nous ressentons notre faiblesse chaque fois qu’un besoin ou un désir dépasse la puissance de nos facultés propres : celui qui pourrait se suffire à lui-même ne connaîtrait donc jamais sa faiblesse car il ne la ressentirait pas. Il faut dès lors tendre vers une « égalité parfaite » entre la volonté et lapuissance des facultés. Néanmoins, sommes-nous réellement capables d’évaluer nos capacités à leur juste valeur ? Par ailleurs, une surévaluation de nos désirs ne constitue-t-elle pas une forme d’énergie motrice qui nous pousse à nous dépasser ?


Afin d’analyser ce texte, il est important de le découper en trois temps : tout d’abord, Jean-Jacques Rousseau constate le caractèrenégatif du désir, puisque celui-ci présuppose le sentiment de manque. Ensuite, à l’aide d’un raisonnement déductif, il expose les solutions à ne pas employer en expliquant les effets néfastes qui pourraient en découler. Enfin, l’auteur partage la solution à laquelle il a aboutit, à savoir la diminution des « excès des désirs sur les facultés », afin de « mettre en égalité parfaite la puissance et lavolonté ».

Dans un premier temps, Jean-Jacques Rousseau nous fait remarquer que chaque homme qui éprouve une souffrance souhaite s’en débarrasser, alors qu’il désire profiter des plaisirs qui lui sont offerts. C’est en ce sens qu’il affirme : « » : il évoque donc une loi universelle, sans exception. L’homme semble rechercher l’agréable et se voit rejeter tout ce qui ne luiprocure pas de plaisir, au profit d’une satisfaction personnelle.
L’auteur nous fait également remarquer que « tout désir suppose privation » : L’être humain se voit donc contraint de s’accoutumer au sentiment de manque, d’incapacité à toujours atteindre les fins qu’il souhaite se donner. La représentation d’unplaisir par l’imagination entraîne nécessairement l’absence ressentie. Si le désir ne peut être satisfait c’est donc la prise de conscience de la privation. Pour Jean-Jacques Rousseau, « toutes privations qu’on sent sont pénibles » : à la condition qu’on sente ces privations, si nos désirs ne sont pas satisfaits, alors nous sommes dès lors empreints d’une profonde souffrance.Le philosophe arrive alors à la déduction suivante : « c’est donc dans la disproportion de nos désirs et de nos facultés que consiste notre misère ». En conséquence, il souligne l’inégalité observée entre les manques éprouvés etles facultés intrinsèques, qui pourraient obtenir satisfaction par la puissance qu’elles donnent. Cette différence entre nos désirs et le réel pouvoir de nos facultés constituerait dès lors la misère propre à l’Homme, à savoir son malheur et son impuissance face à des forces qui le dépassent. Rousseau affirme alors qu’ « un être sensible dont les facultés égaleraient les désirs serait un êtreabsolument heureux » : d’après lui, un homme capable de sensations, capable de souffrir, et dont les désirs seraient équivalent à sa volonté, son intelligence, ou encore son imagination serait parfaitement satisfait, sur la route du bonheur sensiblement éprouvé.
Dans un second temps, Rousseau expose les déductions à ne pas effectuer, sans quoi « nous ne jouirions pas de tout notre être »...
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