Commentaire de texte l"odeur de pension" le père goriot

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  • Publié le : 15 décembre 2010
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Balzac, Le Père Goriot, « L'odeur de pension »
Introduction
· Emile Honoré de Balzac est né à Tours le 20 mai 1799 et mort à Paris le 18 août 1850. Il est considéré comme un des plus grands écrivains français de la première moitié du XIXe siècle, et comme le maître incontesté du roman réaliste.
· Il élabora une œuvre monumentale, la Comédie humaine, cycle cohérent de plusieurs dizaines deromans dont l'ambition est de décrire de façon quasi-exhaustive la société française de son temps, ou, selon la formule célèbre, de faire « concurrence à l'état-civil ». Il n'hésitera pas, en pleine monarchie libérale de Juillet, à afficher ses convictions légitimistes.
· Le Père Goriot, dont la rédaction fur particulièrement pénible pour Balzac connut dès sa parution, en 1835, un immense succès. Ceroman occupe pour plusieurs raisons une place centrale dans l’œuvre et la carrière de Balzac. Il clôt la série des premiers romans à dominante essentiellement autobiographique, il est surtout à l’origine du fameux retour systématique des personnages.
· La célèbre « ouverture » du roman d’où est tiré ce passage est un modèle de perfection du réalisme balzacien. Le narrateur sait admirablementpénétrer au cœur des êtres et des lieux, et son regard sur ces lieux permet de saisir aussitôt l’intimité de ceux qui y habitent. Cette description n’est donc pas un préambule gratuit. Elle prépare le drame qui va se jouer : à travers le décor, nous pressentons la présence des personnages.
Lecture
Cette première pièce exhale une odeur sans nom dans la langue, et qu'il faudrait appeler l'odeur depension. Elle sent le renfermé, le moisi, le rance ; elle donne froid, elle est humide au nez, elle pénètre les vêtements ; elle a le goût d'une salle où l'on a dîné; elle pue le service, l'office, l'hospice. Peut-être pourrait-elle se décrire si l'on inventait un procédé pour évaluer les quantités élémentaires et nauséabondes qu'y jettent les atmosphères catarrhales et sui generis de chaquepensionnaire, jeune ou vieux. Eh bien ! malgré ces plates horreurs, si vous le compariez à la salle à manger, qui lui est contiguë, vous trouveriez ce salon élégant et parfumé comme doit l'être un boudoir. Cette salle, entièrement boisée, fut jadis peinte en une couleur indistincte aujourd'hui, qui forme un fond sur lequel la crasse a imprimé ses couches de manière à y dessiner des figures bizarres. Elleest plaquée de buffets gluants sur lesquels sont des carafes échancrées, ternies, des ronds de moiré métallique, des piles d'assiettes en porcelaine épaisse, à bords bleus, fabriquées à Tournai. Dans un angle est placée une boîte à cases numérotées qui sert à garder les serviettes, ou tachées ou vineuses, de chaque pensionnaire. Il s'y rencontre de ces meubles indestructibles, proscrits partout,mais placés là comme le sont les débris de la civilisation aux Incurables. Vous y verriez un baromètre à capucin qui sort quand il pleut, des gravures exécrables qui ôtent l'appétit, toutes encadrées en bois verni à filets dorés; un cartel en écaille incrustée de cuivre; un poêle vert, des quinquets d'Argand où la poussière se combine avec l'huile, une longue table couverte en toile cirée assezgrasse pour qu'un facétieux externe y écrive son nom en se servant de son doigt comme de style, des chaises estropiées, de petits paillassons piteux en sparterie qui se déroule toujours sans se perdre jamais, puis des chaufferettes misérables à trous cassés, à charnières défaites, dont le bois se carbonise. Pour expliquer combien ce mobilier est vieux, crevassé, pourri, tremblant, rongé, manchot,borgne, invalide, expirant, il faudrait en faire une description qui retarderait trop l'intérêt de cette histoire, et que les gens pressés ne pardonneraient pas.
Honoré de BALZAC, Le Père Goriot
Etude
I/ L’odeur du salon
1/ Une évocation réaliste
· Le début du texte est une tentative d’objectivité.
· Le choix du conditionnel « Il faudrait » (l.1) au lieu d’un indicatif reflète l’absence de...
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