Commentaire de texte

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  • Publié le : 29 janvier 2011
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L’Assommoir (Zola)

1) Relever les termes argotiques et cherchez leur sens dans un dictionnaire d’argot.

2) Classez les différentes manières de rapporter les propos des personnages (trois sortes de discours).

Ciment d’un groupe social marginal qui cherche, par un jeu sur le lexique (et non pas sur la syntaxe), à se différencier du reste de la société et à coder ses propos, l’argotest d’abord la langue des bas-fonds, de la « corporation des voleurs ». Au 19éme, la curiosité pour ces groupes inquiétants, alimentée par les informations que fournissent les ouvrages de Vidocq se manifeste dans la littérature « populaire », de Hugo et Balzac à Zola et Eugène Sue. Zola ne dissocie pas le recours à cette langue de sa recherche d’une peinture authentique (une œuvre de vérité, lepremier roman sur le peuple qui ne mente pas). Peindre un milieu, c’est aussi faire entendre son lexique et cela revêt un vif intérêt historique et social, illustrer par un relâchement progressif de son vocabulaire la déchéance d’un personnage (ce sera le cas de Gervaise), c’est une expérimentation dont le pouvoir de vérité se double d’un réel plaisir puisé à la verdeur , l’imprévu et la force desimages de cette langue.

Varier les registres de langue, c’est caractériser les personnages en les différenciant.

Les propos de Gervaise sont ici toujours rapportés au discours direct (l 7, 10-11, 26-28, 35-37). A l’exception d’une phrase au discours direct (l 22) les propos de Coupeau sont retranscrit au discours indirect libre (l 12-22). Aux lignes 41-43 les explications du zingueur se fontau discours narrativisé. C’est dans la bouche de Coupeau que l’on rencontre le lexique de l’argot, ainsi que dans celle de Mes-Bottes (l 51-56 discours indirect libre) et de ses deux camarades (l 57-58 discours indirect).

L’argot caractérise donc les habitués du bistrot aussi bien par leur niveau de langue que par leur thème de prédilection « cheulard » (l 16 : soulard), « poivre » (l 16adjectif ivre remplacé par poivrot ; substantif :eau de vie , poison, parfois, syphilis), « mine à poivre » (l 16 cabaret) , « ribotte » (l 18 ivresse), « vitriol » (l 54 l’alcool pur), « roussin » (l 56 indicateur de la police rôle souvent attribué aux cabaretiers, policier ; patron très sévère), « grelot » (l 58 débit de la conversation :avoir un fichu grelot, être un fichu bavard).

ToutefoisCoupeau, bien que familier avec cet argot, se défend d’être un habitué de l’alambic et n’évoque le thème que pour critiquer « les camarades ».

3) Quels termes montrent que la description de l’alambic est perçue à travers le regard de Gervaise ? Quel sentiment révèlent-ils chez la jeune femme ? Quels mots au contraire emploie Mes-Bottes et que traduisent-ils ?
5) Quelle métaphore filée estappliquée à l’alambic ? Quelle atmosphère est créée par cette description ?

Elle est amenée par le mouvement de curiosité de Gervaise (l 40-41 ; 43-47 ; 58-62) qui se déplace spécialement pour aller regarder l’appareil « au fond , derrière la barrière en chêne ». interrompue à deux reprises par les explications de Coupeau, puis par les commentaires de Mes-Bottes, elle mobilise le lexique del’étrangeté (« ses récipients de forme étrange »), les comparaisons (« c’était comme une besogne de nuit […] pareil à une source lente »), les indices d’écart avec le connu et l’attendu (« sans fin », « pas une fumée », « à peine un souffle », « sans une flamme ») et offre ainsi les caractères de la description de l’inconnu ce qui correspond exactement à la situation de l’alambic pour Gervaise.

Ni lespropos techniques ni les bavardages d’un ivrogne ne peuvent affecter son fonctionnement, décrit dans la durée , de même que dure la fascination de Gervaise : « l’alambic gardait », « l’alambic continuait ». l’alambic impressionne comme un personnage imposant et mystérieux : sa taille et sa masse(« grand alambic », « enroulement sans fin de tuyaux », « travailleur puissant ») communiquent peu à...