Commentaire de zola

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  • Publié le : 2 juin 2011
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Au Bonheur des Dames, E. Zola
Page 510-513

Théoricien et principal représentant du naturalisme, Emile Zola a pour projet d’étudier, dans le cycle romanesque des Rougon-Macquart, la vie d’une famille sous le Second Empire. Reprenant les principes de Balzac dans la comédie humaine, il fait réapparaitre certains de ses personnages dans plusieurs de ses œuvres. C’estle cas pour Octave Mouret qui devient le héros du 11e roman de l’ensemble, Au Bonheur des Dames, publié en 1883. Récit d’apprentissage, le livre retrace également le parcours de Denise à Paris de 1864 à 1869 au milieu de la guerre commerciale qui oppose petits boutiquiers et grands magasins. Le passage qui nous est ici proposé est l’excipit du roman. Il fait s’enchainer trois courtes scènes dansle bureau du directeur du Bonheur des Dames pour dénouer toutes les intrigues. Nous verrons donc tout d’abord comment Zola, en maitre du suspense, tient en haleine le lecteur jusqu’à la fin avant de montrer comment il met soigneusement en place tous les ingrédients d’un « happy end ».

Jusqu’à la dernière ligne du roman, Zola maintient pour le lecteur l’hésitation entre une possible fin heureuseet un dénouement moins optimiste. Il s’avère donc être maitre du suspense en faisant se succéder dans un dernier passage deux situations conflictuelles, en usant du retournement de situation, et en jouant sur la confusion des sentiments de ces personnages.
Dans ce passage, le lecteur assiste tel un témoin, à la succession de deux situations conflictuelles. En effet, une première scène présentel’affrontement de Bourdoncles et de Mouret tandis qu’une seconde oppose ce même Mouret et Denise. Le premier conflit semble d’ordre professionnel, alors que le second se place sur le terrain personnel. D’entrée de jeu, la discussion entre le patron et son employé tourne mal comme le prouvent les termes  « brusquement », « voix terrible des jours de crise »,  « méfiez-vous », « rude attaque »,« violemment ». Les phrase exclamatives de Mouret traduisent également sa colère et l’ironie dont il fait preuve lorsqu’il dit à Bourdoncle «  vous passerez comme un autre à la caisse » montre que le système s’est retourné contre celui qui congédiait les petits vendeurs pour un oui ou pour un non. On note toutefois que ce conflit professionnel est aussi en partie personnel : Mouret renvoi Bourdoncleparce qu’il a peur que ce dernier lui prenne sa place (« on ne me mange pas, moi ! »), mais surtout parce que c’est Bourdoncle qui a toujours été le plus opposé au mariage du patron. Une fois que le sort de Bourdoncle est résolu, Denise peut entrer en scène. Les deux personnages défilent dans le bureau l’un après l’autre, comme le traduit l’enchainement « Il s’en alla. Denise entrait justement. ». Apartir de là, le lecteur pourrait s’attendre à une conversation apaisée entre deux amoureux. Mais il n’en est rien. En témoignent les expressions : « un malheur pareil », « vous me torturez », «  une grande douleur », « Non, c’est impossible », « se débattait ». L’extrait repose donc bien sur deux discussion qui montre l’opposition des personnages
Le premier conflit s’achève par un renvoi et onpeu imaginer une issue similaire au second affrontement puisque Denise est venue pour prendre congé et que la conversation prouve que Mouret et elle ne tombent d’accord sur rien. Mais, tout l’art de Zola consiste à maintenir le suspense. En effet, c’est par un retournement de situation particulièrement brutale que s’achève ce chapitre et le roman; quelques lignes avant la fin, Mouret cri sousindignation à Denise : « Partez donc[..] allez retrouver celui que vous aimer.. ». Aussitôt après, le renversement s’opère : « elle se jeta a son coup […]-Oh! Monsieur Mouret, c’est vous que j’aime! ». La scène prend fin grâce a un coup de théâtre a la fois attendu (le lecteur sait que Mouret et Denise s’aime sincèrement et que Mouret est près a se marier) et inattendu (Denise n’a pas l’intention...
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