Commentaire de l'isolement d'alphonse lamartine

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  • Publié le : 6 avril 2011
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l'isolement (analyse de la structure+interprétation par l'auteur lui même: lamartine
 
Analyse d'une méditation larmartinienne
- ou la phrase comme passage
A l'heure, encore actuelle, où la borne phrastique apparaît comme maximale pour le texte dans lequel elle s'insère : 
"Pour E. Benveniste, explique M. Charolles (1988: 49), la phrase ne peut en effet servir d'unité entrant dans uneorganisation supérieure car, au-delà de la phrase, il n'existe pas de règles combinatoires stipulant comment les unités du discours doivent être agencées." Et d'ajouter (1994: 127) que "Le discours commence là où finit le pouvoir des connexions structurales", celles-là même qui font de la phrase la plus grande unité morphosyntaxique. Cette limitation à la phrase se renforce par l'incidence enlinguistique de disciplines voisines, comme la logique (qui fait de la phrase une entité abstraite, du simple fait de sa décontextualisation) ou la pragmatique (qui entend lui rendre son ancrage concret), comme si le sens phrastique devait en recevoir des déterminations décisives et pouvait donc être étudié indépendamment d'une théorie de la textualité.

Ainsi R. Martin (1992: 226) explique que "ladistinction a été faite entre:
- la composante phrastique, lieu des conditions de vérité, où se déterminent l'acceptabilité et le sens des phrases en tant que telles, ainsi que les relations de vérité qui les unissent (dans une linguistique immanente et purement relationnelle);
- la composante discursive, où la phrase s'insère dans la cohésion du texte [pb. de thématisation à la Halliday et modèlepour la grammaire de texte à la Kintsch & Van Dijk qui repose sur le cadre structural des phrases\propositions, dans son logicisme psycholinguistique - cf. la synthèse de Rastier 1994: 171-174];
- la composante pragmatique, lieu du vrai ou du faux, où la phrase, devenue énoncé, s'interprète dans sa situation énonciative." Dans ce cas, "explique Benveniste, la phrase n'existe que dans l'instant oùelle est proférée et elle ne peut, par conséquent, être séparée de la situation dans laquelle elle est communiquée. L'analyse de la phrase en tant qu'unité sémantique, et a fortiori celle du discours, n'est donc possible que lorsqu'on les envisage comme énoncés, comme émis dans l'intention de dire quelque chose à quelqu'un dans une certaine situation." (Charolles & Combettes 1999: 81)

Et quand ilest question d'aborder le sens trans-phrastique, généralement identifié au sens textuel, voire discursif, le clivage demeure entre le palier local où se détermine la référence (niveau syntaxique et sémantico-référentiel) et le palier de l'intention globale (niveau pragmatique : "comprendre un texte, c'est saisir l'intention qui s'y exprime", Adam, 1989: 207) qui régit cette succession de phrasesque regroupe traditionnellement un texte. Citons ainsi Adam dans son programme "Pour une pragmatique linguistique et textuelle" (1989) : 
- D'une part, "énoncer ou lire une proposition, c'est construire une représentation discursive" (p. 196) et comprendre un texte implique "comment de proposition en proposition est progressivement construite une représentation orientée" (p. 203). 
- D'autrepart, "à la relation linéaire de connexité intra- et inter-phrastique il faut bien ajouter une relation non linéaire de cohésion-cohérence [...] C'est ce que je désigne comme la perception-construction d'une macro-structure sémantique, ou thème-topic du discours" (pp. 194-195); cela se traduit ainsi dans le sillage des sciences cognitives : "Comprendre un discours, ce n'est pas construireprogressivement un réseau de propositions, issues du traitement syntaxico-sémantique de chaque phrase; c'est élaborer un modèle mental, progressivement remanié et enrichi." (Caron, 1989: 221-222) 
Clivage que synthétise la définition suivante due à Adam (1989: 203) : "un texte est une suite configurationnellement orientée d'unités (propositions) séquentiellement liées et progressant vers une fin."

Or...
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