Commentaire de l incipit de candide

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  • Publié le : 7 novembre 2009
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Le plan du commentaire :
I. L’univers du conte

A. Les formules traditionnelles du conte

B. Les éléments traditionnels du conte

C. Une présentation de personnages de contes

II. Les « grincements », révélateur de l’ironie du texte

A. Les discrètes interventions du narrateur

B. Les justifications absurdes révélant l’envers du décor

C. Une philosophie qui sonne faux

Lecommentaire rédigé :
Introduction

Le texte dont il est ici question est l’incipit de Candide de Voltaire. Voltaire est un des grands hommes du mouvement des Lumières, il dénoncera sans relâche et en utilisant différents genres, les injustices, les inégalités et l’intolérance. Il écrira des contes philosophiques, comme Candide et Micromégas, mais aussi des traités, des essais, des lettres ainsi quedes articles de l’Encyclopédie.

Candide est donc un conte philosophique, une des formes possibles de l’apologue, qui se doit d’être un récit divertissant comportant une moralité, un enseignement explicite ou non. Ce conte est représentatif de l’esprit des Lumières et de ses grands combats, puisque Voltaire y dénonce en particulier la philosophie Leibnitzienne, mais également diverses formesd’injustices comme les abus de la religion (chapitre 6 : “L’autodafé”), du pouvoir (chapitre 3 : “La guerre”), ainsi que l’esclavage (chapitre 19 : “Le nègre de Surinam”). De plus, c’est une œuvre qui propose constamment un double niveau de lecture par le recours à l’ironie, une arme formelle dont Voltaire a souvent usé.

L’incipit nous donne à voir les éléments traditionnels du conte pour mieux lessubvertir et mettre à jour une réalité déceptive cachée derrière des illusions, qui sont ainsi dénoncée.

I. L’univers du conte

Avant toute chose, l’incipit met en avant un univers du conte traditionnel, qui est illustré dans le texte par les formules du conte, les éléments spatio-temporels et les poncifs ainsi que des personnages représentatifs de ce genre très codé, qui fait partie desréférences culturelles du lecteur.

A. Les formules traditionnelles du conte

Tout d’abord, Voltaire a recours à la formule traditionnelle du conte : « Il y avait en Westphalie » pour débuter son récit. Il l’inscrit de cette façon dans un genre codé auquel il le rattache et à partir duquel le lecteur pourra mesurer l’écart. Il reprend également toutes les tendances langagières de celui-ci. Il utilisedes comparatifs et des superlatifs, comme « les moeurs les plus douces »/ « l’esprit le plus simple »/ « un des plus puissants »/ « le plus beaux des châteaux »/ « la meilleurs des baronnes possibles », qui doivent participer à la création d’un monde manichéen, ce qui présente l’intérêt de proposer des repères simples.

De même, le texte est littéralement envahi par une caractérisation positivequi passe par la multiplication d’adjectifs mélioratifs comme « beau », « bon », « honnête », « douce », etc.

On retrouve aussi le temps de la description du conte, l’imparfait, avec par exemple, « avait », « annonçait », «soupçonnaient». L’incipit est dominé par l’imparfait ce qui souligne sa vocation, car il s’agit de présenter la situation initiale et tous ses éléments avant d’évoquerl’élément perturbateur, qui amènera l’utilisation du passé simple.

B. Les éléments traditionnels du conte

Ensuite, si le lecteur retrouve d’emblée le langage du conte, il retrouve aussi tous ses éléments. En effet, les lieux sont dignes d’un conte de fée, le récit débute dans un pays peu connu, « la Westphalie », et surtout se déroule dans un « château », lieu emblématique du conte où l’on trouve,bien sûr, une « grande salle » avec sa « tapisserie ».

Non seulement les personnages font pratiquement tous partie de la noblesse, on trouve ainsi le « baron », la « baronne » et leurs enfants, mais de plus cette noblesse est mise en relief par le refus de la sœur du baron d’épouser un « bon et honnête gentilhomme du voisinage » car celui-ci « n’avait pu prouver que soixante et onze...
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