Commentaire du 1er site de la promenade vernet, diderot, salons de 1767

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Mercredi 30 mars 2011
Etudiant en Philosophie,
Paris IV Sorbonne

Commentaire du Premier Site de la promenade Vernet





« Ligne vraie, modèle idéal de beauté qui n’exista nulle part que dans la tête des Agasias, des Raphaëls, des Poussins, des Pugets, des Pigalles, des Falconets ; Modèle idéal de beauté, ligne vraie dont les artistes subalternes ne puisent des notionsincorrectes, plus ou moins approché, que dans l’antique ou dans leurs ouvrages ». Idéal et vérité, telles ont pues être les motivations qui animèrent Diderot dans ses critiques d’art, ce nouveau topos littéraire dont il permit l’avènement, ici en ouverture du salon de 1667.
Dans une certaine continuité de la révolution scientifique qui s’opéra au XVIIème siècle dans les domaines astronomiques – Galilée –comme métaphysique – Descartes –, le domaine du sensible ne put échapper à ce bouleversement selon que : « La vérité des choses n’est pas dans les choses mais en moi ». Par ses qualités de romancier – Jacques le fataliste –, de dramaturge et de philosophe soutenu par un savoir encyclopédique des plus fondés, Denis Diderot – 1703 ; 1784 – orienta plus son jugement de valeurs vers la « rencontreesthétique » kantienne. Et ce comme véritable dialectique entre la qualité objective d’une œuvre et la perception subjective de son spectateur. Telle est le véritable bouleversement que permit la médiatisation du Diderot « salonnier », dont la carrière fut plutôt tardive, puisqu’elle remonte à 1759, alors qu’il était âgé de 46 ans. Et elle commence grâce aux insistances de Friedrich Melchior Grimmqui l’avait précédé dans cette activité dès 1750 à travers ses chroniques des Salons – 1753, 1755 et 1757 – et qui eut, en 1757, la brillante idée de faire appel au talent de son ami philosophe (qui collaborait déjà par des articles et des critiques avec la Correspondance littéraire) afin de continuer à informer les lecteurs du périodique sur les Salons de peinture. Il débuta donc dès le salonde 1759 à transmettre ses jugements aiguisés par une sensibilité à l’explicitation herméneutique non sans retirer toute objectivité à la qualité de l’œuvre. Mais, comme l’écrivait HUME au même moment, le jugement sensible ne saurait avoir tord sachant que le sentiment est à lui même son propre critère de vérité.
Diderot renouvelle donc la pensée du beau par une critique d’art élaborée en véritable« technicien » comme en « philosophe ». Non pas uniquement en tant que penseur des Lumières selon le sens commun mais en véritable théoricien du beau comme le témoignent ses Essais sur la peinture en clôture du Salon de 1765 ou ses Pensées détachées sur la peinture entre 75 et 81. Le Salon de 1667 émerge donc à la suite de ses réflexions par une discussion imaginaire de Diderot durant une promenadedans les paysages côtiers qu’il contemple à travers les tableaux de Joseph Vernet. Accompagné d’un abbé et de deux enfants dont il s’avère être le précepteur, l’auteur traite alors de sujets métaphysiques afin de trouver une issue intelligible à toutes les critiques sensibles qu’il réalise depuis bientôt vingt années. Et ce sachant que l’interaction entre l’intelligible et le sensible fut lefondement de l’esthétique de Diderot.
Le premier « site », aujourd’hui à l’étude fut le seul – avec le quatrième – à avoir été identifié comme La source abondante. Il y est alors question de la nature, régit par un phénomène de corrélation entre le « hasard » et la « nécessité », érigé en ordre intrinsèque aux choses. Ensuite, cette problématique découle sur le moyen de l’imitation de la nature, entreune reproduction mécanique et la perfection herméneutique et réfléchie de l’artiste, érigé lui en tant que génie. Et le passage à l’étude est conclu par la question de la perception du lecteur-spectateur qui, considérant facilement les fruits de la nature comme banaux, se retranche dans sa subjectivité fatalement conditionnée par son contexte spatio-temporel de la culture du monde social....
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