Commentaire du bellay sonnet 1

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  • Publié le : 11 avril 2010
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Commentaire composé du sonnet I
extrait des Regrets de Du Bellay
Je ne veux point fouiller au sein de la nature,
Je ne veux point chercher l'esprit de l'univers,
Je ne veux point sonder les abîmes couverts,
Ni dessiner du ciel la belle architecture.

Je ne peins mes tableaux de si riche peinture,
Et si hauts arguments ne recherche à mes vers,
Mais suivant de ce lieu lesaccidents divers
Soit- de bien, soit de mal, j'écris à l'aventure.

Je me plains à mes vers, si j'ai quelque regret,
Je me ris avec eux, je leur dis mon secret,
Comme étant de mon cœur les plus sûrs secrétaires.

Aussi ne veux-je tant les peigner et friser,
Et de plus braves noms ne les veux déguiser,
Que de papiers journaux, ou bien de commentaires.
_Ce poème est un sonnet régulierécrit en Alexandrins. On peut observer y un découpage binaire, articulé par la conjonction de coordination « mais » placé au début du vers 7. Avec ce découpage, Du Bellay oppose une poésie qu’il rejette, une poésie intellectuelle, à une poésie qu’il pratique. Le champ lexical axé sur la recherche dans la première partie du poème s’oppose à celui du hasard dans la seconde partie. Intéressons nous doncà cette nouvelle poésie que prône l’auteur à travers les vers de son sonnet. _
Joachim du Bellay fait tout d’abord le rejet d’une poésie savante.
Premièrement, Joachim fait preuve d’un lyrisme surprenant, sa poésie devient alors très personnelle.
Lorsqu’il refuse l’écriture d’une poésie hyperbolique et impersonnelle, Du Bellay pense alors à la remplacer par une poésie du « je », une poésiequ’on pourrait qualifier de lyrique. En effet, l’anaphore « je me » est renforcée par des déterminants possessifs tels que « mon », « mes », sans omettre le champ lexical lyrique, présentant les sentiments du poète avec des mots comme « plains », « regrets », « ris » ou « secrets ». Ce champ lexical se retrouve d’ailleurs entremêlé avec celui de l’écriture : « mes vers », « je leur dis », lesémotions du poète et l’art poétique sont alors superposées, superposition complétée par l’analogie entre « vers » et « secrétaires » vers 13. On sait que Du Bellay considérait cette nouvelle façon de concevoir l’écriture comme un moyen d’exprimer ses sentiments les plus profonds, la poésie serait donc pour lui un écrit personnel, qui ne serait pas forcement à partager. Lorsqu’au dernier vers il parlede « papier journaux ou bien de commentaire » il désigne des notes précises, que le poète prendrait uniquement pour sa personne, au moment de l’écriture, de façon spontanée, qui ne seraient pas destinées à être publiées. Aussi, avec un champ lexical de la nature aussi développé renvoyant au cosmos, on peut imaginer une opposition faite par Du Bellay de façon implicite entre ce monde extérieur,incroyablement vaste, et son « je » qui apparaît extrêmement petit face à l’univers évoqué, le poète trouverait en la poésie une place, une grandeur, ce « je » omniprésent signifie l’intimité et l’intériorité du poète en osmose avec son écriture.
Joachim et sa poésie ne font qu’un, celle-ci étant présente à chaque épreuve de sa vie.
Ce lien entre la poésie ici présentéecomme une amie, unecompagne, une confidente, est renforcé par les propositions « à » au vers 9 et « avec » au vers 10 qui prouvent un rapport incontestable entre les poèmes et leur auteur. Comme si les deux ne faisaient qu’un. C’est bien ce que veut nous faire comprendre Du Bellay qui explique que ses poèmes l’accompagnent dans chacun de ses gestes. Le vers 8 par exemple est très significatif puisqu’il est le premier dusonnet à comporter des coupes, c'est-à-dire une coupe classique à l’hémistiche ainsi qu’une coupe supplémentaire au cœur du 1erhémistiche. De plus la symétrie des deux parties de l’hémistiche « soit…, soit » crée une sorte de balancement et d’écho permettant de souligner l’opposition entre les antonymes « bien » et « mal », qui nous annonce les antonymes « je me plains » et « je me ris » au...
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