Commentaire du texte de voltaire

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  • Publié le : 25 mai 2010
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Ce corrigé vous est offert par Julie Cuvillier, professeur de français en première. Commentaire du texte de Voltaire (texte B) Zadig ou la Destinée, est le premier conte philosophique écrit par Voltaire en 1747. Il écrira ensuite Micromégas en 1752 et Candide ou l’Optimisme en 1759. Voltaire s’est illustré dans de nombreux genres : il écrit des tragédies, des poèmes, des lettres, des articles (ilparticipe à l’élaboration de l’Encyclopédie aux côtés de Diderot et de d’Alembert) et des contes philosophiques. Alors que pour Voltaire les contes philosophiques ne sont que des œuvres légères et divertissantes, ce sont ces mêmes contes qui lui ont assuré la postérité. Zadig est représentatif de l’esprit des Lumières en ce qu’il propose à la fois une réflexion philosophique et morale sur ladestinée et dénonce les abus du pouvoir, de la justice, mais aussi les travers des hommes, comme la médisance, l’envie ou l’inconstance. Zadig incarne une forme de perfection : il est sage, intelligent, beau, riche et noble mais cela ne lui évite pas de passer de la haute société à l’esclavage, invitant le lecteur à une réflexion sur le mérite et les abus de la société. Le ton choisi par Voltaire estironique, il le prouve dès le paratexte. Zadig ou la Destinée s’ouvre sur une approbation et une épître dédicatoire adressée à la sultane Sheera. Nous verrons, dans un premier temps, qu’il permet à Voltaire de se jouer de la censure, avant de considérer qu’il définit la figure du lecteur idéal. I. Déjouer la censure L’orient suscite un réel engouement au dix-huitième siècle, depuis la visite dusultan de Constantinople à la cour du roi Louis XIV. Les Mille et une nuits sont lues et imitées par des philosophes des Lumières comme Voltaire et Montesquieu, autant que par des auteurs libertins pour la sensualité que l’on associe à l’orient et à ses harems. Cette mode de l’ailleurs présente également l’intéressant avantage de permettre une critique de la société sans en avoir l’air : les auteursfeignent de viser les travers d’un monde barbare alors qu’ils renvoient à la société de leur temps. a. Une approbation antithétique Zadig s’ouvre sur une approbation des plus paradoxale. Tout d’abord, le titre laisse entendre que le conte ait pu être publié légalement avec l’accord des instances monarchiques et religieuses, or la raison pour laquelle il semble avoir reçu cette approbation est que« c’est un ouvrage détestable » que son censeur a « décrié ». Cela nous laisse entendre que les ouvrages à qui l’on accorde cette approbation sont généralement mauvais. De plus, le censeur tient un discours inverse de ce qu’il pense : il considère ce manuscrit comme « curieux, amusant, moral, philosophique, digne de plaire à ceux qui haïssent les romans » mais demande son interdiction. Cet élogepourrait être soumis à caution car il est tenu par un censeur qui avoue lui-même sa bêtise : il s’est « fait passer pour savant, et même pour homme d’esprit ». Mais l’idée qui domine néanmoins est celle qu’un ouvrage de qualité se voit rarement attribué une approbation et que les censeurs brillent davantage par leur stupidité et leur inculture que par leur clarté de jugement. Il s’ensuit que leconte se voit refuser son approbation comme l’indique la démarche qu’a le censeur auprès de celui qui attribue les approbations (« j’ai assuré M. le Cadi-Lesquier que c’est un ouvrage détestable ») alors même qu’il vient d’en souligner les qualités. b. Multiplier les instances entre auteur et lecteur : plusieurs traducteurs Après avoir emprunté le masque du censeur, l’auteur se cache derrière lepersonnage de Sadi, un poète oriental du treizième siècle qui se présente comme un traducteur : « Je vous offre la traduction d’un livre d’un ancien sage ». Zadig serait un conte écrit par un sage en « ancien chaldéen » qui fut ensuite traduit « en arabe, pour amuser le célèbre sultan Ouloug-beg ». Le fait de multiplier les instances narratives met l’auteur réel à l’abri, d’autant qu’il publie ce...
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