Commentaire du texte elevation de baudelaire

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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Lecture détaillée n° 4 : « Élévation » de Baudelaire dans Les Fleurs du Mal.
Introduction :

Cf. biographie de Charles Baudelaire. Ce poème est le troisième de Spleen et Idéal, classé comme une œuvre influencée par le romantisme. Il suit directement « l' Albatros », poème dans lequel le poète parle de sa chute et de son malaise dans le monde des humains. Le coté platonisant de Baudelaire estvisible aussi bien dans la dépréciation du bas que dans l'idéalisation d' une lumière ou d'une chaleur empyréenne (au dessus de l'air, c'est un air plus pur). Baudelaire méprise le bas et rêve d'une compréhension transcendantale de la réalité.
Ce texte traite le thème de l' « Élévation » de l'esprit du poète qui « plane sur la vie ». Le registre est du lyrisme énergique puis devient un instantpathétique (vers 13 et 14) puis élégiaque au vers 15 où le poète déclare « Heureux celui qui peut » ce qui implique une plainte du poète qui pense ne pas pouvoir.

Problématique : Nous verrons que ce mouvement d'élévation est de moins en moins efficace car le désespoir ou spleen (maladie de rate) est indissociablement lié à lui.

Le constat d'une réalité joyeuse (vers 1 à 8)
L'adverbe« gaiement » au vers 7 résume la tonalité de cette partie où le poète est sûr de lui, il est en pleine euphorie ce qui est visible dans le texte car il n'y a qu'une seule phrase du vers 1 à 8. Le rythme s'étend indéfiniment comme le montrent les enjambements des vers et notamment celui du vers 7 au vers 8 : « Tu sillonnes gaiment l'immensité profonde
avec une indicible et mâle volupté. »
La phrase suit lemouvement de l'esprit qui s'étend « au dessus » (vers 1). L'anaphore de ce terme (« au dessus ») dès le premier vers met en valeur cette idée de hauteur.
L'élément « vallées » au vers 1 est repris et complété par 4 éléments au vers 2 (« des montagnes, des bois, des nuages, des mers, ») où le rythme est solennel et régulier ; le tout crée une accumulation grandiose.
L'anaphore de « par delà »qui au vers 3 renforce la coupe à l'hémistiche et au vers 4 prolonge l'idée montre bien le mouvement d'extension du poète qui désire s'élancer.
Par ailleurs les images se succèdent : le mouvement fascinant se dirige vers infiniment grand.
Cette idée est visible dans le choix des termes : au début ( vers 1) ce sont des « étangs […] des vallées », des éléments limités.
Puis l'on monte vers uneplus haute conception, d' abord il y a des « montagnes, des bois, des nuages, des mers » (vers 2) et ensuite « le soleil […] les éthers » (éther : chez les anciens c'est la matière au dessus de l'air, une substance très subtile qui est la matière du feu ; chez les modernes il s'agit de l'air le plus pur, de ce lui qui règne dans les régions supérieures de l'atmosphère) au vers 3. Ces deux motsdonnent une dimension cosmique qui est renforcée et agrandie par le vers 4 où le poète se situe « au delà des sphères étoilées ».
Enfin au vers 5 on apprend de qui/quoi il s'agit : c'est l' « esprit » du poète.
L'apostrophe solennelle « mon esprit » souligne le dédoublement du locuteur ; ce dernier est un poète, héritier de la sensibilité romantique mis en scène dans Les Fleurs du Mal.
Le mouvementqui s'étendait à l'infini dans la première strophe est enfin précisé au vers 5 avec la forme réfléchie « tu te meus avec agilité » qui montre bien l'indépendance du poète comme le fait la connotation méliorative du terme « agilité ».
Ce vers 5 introduit l'image du nageur qui est développée dans les vers 6,7 et 8. Au vers 6 cette comparaison devient totalement aquatique avec les termes « nageur »et « onde ».
Le vers 7 est plus ambigu : « l'immensité profonde » révèle que Baudelaire mélange ici l'élan vers le haut et vers le bas.
Le verbe « sillone » du vers 6 dénote une idée de domination qui est joyeuse, comme le montre l'adverbe « gaiment » ; cette tonalité du plaisir intense est reprise par le terme « volupté » au vers 8. La force de cette satisfaction est telle qu'elle est...
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