Commentaire - epitaphe villon

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 5 (1172 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 10 novembre 2011
Lire le document complet
Aperçu du document
Introduction

     La poésie lyrique, expression poétique des sentiments personnels, s'ancre dans la subjectivité car elle touche à l'universel, au-delà du moi auquel elle semblait d'abord se restreindre. Les poèmes de François Villon, bien que subjectifs, ne peuvent être considérés comme une forme de poésie personnelle tant la fiction s'y mêle à l'autobiographie.
     L'Epitaphe Villon,considéré comme le testament du poète (il l'écrit alors qu'il s'attend à être pendu), est l'expression d'une émotion sincère justifiée par l'existence tourmentée du poète. Mais Villon y donne la parole à des pendus fictifs qui proclament l'universalité du genre humain, invitant ainsi le destinataire à s'identifier au sujet de l'énonciation et à se placer sous le regard de Dieu.
     En quoi ce poèmeest-il une expression originale du lyrisme ?

Annonce des axes d'étude
     Nous étudierons d'abord le rapprochement de plusieurs mondes, puis la portée esthétique et enfin la portée morale de ce texte.

Etude méthodique :
I – Le rapprochement de plusieurs mondes
1- La situation d'énonciation

- Emploi du pronom « nous » pour évoquer l'énonciateur : « nous » désigne les pendus(1-12;15-17) ou leurs os (8), l'énonciation prend alors la forme d'une prosopopée. « nous » désigne je + d'autres. Le fait que « je » ne soit pas mis ici en exergue fait de ce poème un lyrisme particulier, pourtant le titre du poème « épitaphe Villon » nous amène à identifier le poème comme le dernier discours d'un des pendus : Villon.
- Présence d'un double destinataire : le lecteur « frères humains »(1-11), « vous » et « tous » (31), « hommes » (34), mais aussi Dieu, mentionné dans l'envoi (31).

; Le poème est un discours d'outre-tombe, les morts parlent tels des vivants.

2- Appel à la compassion

- Evocation des souffrances endurées (champ lexical de la souffrance) « notre mal » (9), « les yeux cavés » (23), « arraché la barbe et les sourcils » (24), « plus becqueté d'oiseau que dés àcoudre » (28).
- Lexique de l'affectivité « n'ayez les coeurs contre nous endurcis » (1), « pitié » (3), « mercis » (4) et rejet de l'indifférence et de la moquerie (9-11/12-19-34).

; Cet appel à la compassion conduit à un rapprochement du destinataire et du locuteur.

3- Villon, porte-parole

- Le poème est structuré par la présence de connecteurs logiques qui révèle son caractèreargumentatif. Le discours est moins tourné vers l'intériorité du locuteur qu'ouvert à d'autres destinataires.
- Les effets de rapprochement entre locuteurs et destinataires font que Villon apparaît d'abord comme le porte-parole des pendus, puis celui de tout condamné à mort et finalement de toute personne amenée à vivre l'expérience de la mort.

; Villon se présente donc dans ce poème comme un porteparole.
Épitaphe Villon marque le rapprochement de plusieurs mondes, celui des vivants et celui des morts, allant parfois, nous le verrons, jusqu'à les intervertir.
II - Portée esthétique du poème
1- Appel désespéré, sort incertain

- Effet expressif produit par les procédés d'insistance (accumulations, emploi du passé composé, et du présent (8-27) – valeur durative du présent et événementpassé dont les effets sont encore sensibles dans le présent pour le passé composé – structure comparative (28))
- Evocation des suppliciés qui s'apparente à une plainte, locuteurs présentés comme des victimes impuissantes (locuteurs désignés par des pronoms en complément d'objet et en sujet de phrases négatives + compléments de temps insistants sur la durée du châtiment : « piéça » (7), « jamaisnul temps » (25), « sans cesser » (27))

; Locuteurs lancent un appel désespéré qui apporte une sensibilité esthétique au poème
2- Évocation des suppliciés

- Evocation sans détour de la mort, les corps des pendus sont des objets sur le point d'être détruits.
- Cette déshumanisation est accompagnée par le champ lexical de la souffrance comme pour mieux en révéler le paroxysme : une...
tracking img