Commentaire et lecture analytique sur l'incipit de candide de voltaire

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  • Publié le : 20 novembre 2011
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COMMENTAIRE ET LECTURE ANALYTIQUE SUR L'INCIPIT DE CANDIDE.

VOLTAIRE

Ce texte qui ouvre le conte de Voltaire décrit la société du château de TTT dans laquelle vit Candide. Elle se présente comme un paradis terrestre digne des contes de fée. Cependant, il apparaît progressivement que ce monde n'est pas parfait, et que cette société a des aspects grotesques et artificiels, notamment en ce quiconcerne les raisons qui président à son organisation ( voir philosophie optimiste héritée de Leibniz ).

Pour illustrer cette dimension ironique du regard sur ce monde parfait, on étudiera deux axes : dans un premier temps, on analysera la parenté du texte à l'égard du conte traditionnel, et dans un second temps, on verra comment les effets de mise à distance créent une faille dans laperfection de ce faux paradis terrestre.

I : LES ÉLÉMENTS DU CONTE TRADITIONNEL.

Ce début de texte a ceci de très caractéristique qu'il emprunte les marques du conte traditionnel.

1 : Des personnages schématiques.

Les noms choisis ont une dimension symbolique ; ce sont des « noms portraits ».

- « Thunder-Ten-Tronck » renvoie à des sons « durs », germaniques, « Thunder » = tonnerre.L'allitération en T renforce la cacophonie du nom et connote une dimension déjà grotesque.

- Candide est un nom qui ne sonne pas germanique, mais qui préfigure son caractère naïf et ingénu et prépare sa physionomie. ( voir « candidus, a, um » en latin qui signifie « blanc », « vierge », du mal qui règne dans le monde. « qui ne sait pas » ).

Certains personnages sont réduits à un détail. «Cunégonde » est renvoyée à la nourriture « fraîche, grasse, appétissante » et au domaine de la sensualité. La « baronne » est réduite à son poids. Les personnages sont donc en quelque sorte des marionnettes sans grande physiologie ou épaisseur.

2 : Un cadre idyllique... ou presque !

Le cadre renvoie également à l'univers du conte. La scène se situe dans un château, décor du conte par excellence, lesrepères temporels sont absents comme dans le conte : on repère la formule « il y avait » qui rappelle « il était une fois » dans le conte traditionnel. Le cadre de ce conte semble figé. Voit le temps verbal ( imparfait ) qui renvoie à un aspect duratif de l'action. L'action est habituelle et générale. L'univers décrit semble immobile, existant de toute éternité.

Rien ne vient perturber cecadre où tout semble aller pour le mieux depuis toujours.

3 : Un monde idéal.

Le vocabulaire utilisé est mélioratif. « Droit, bon et honnête, Monseigneur, une très grande considération, honneur, dignité » … « respectable, digne, toute la bonne foi, admirablement ». Ce vocabulaire est présent dans l'ensemble du texte.

On remarque également le rôle des superlatifs : « le plus simple, un desplus puissants, meilleur, le plus beau, la meilleur ». L'usage des superlatifs renvoie à un éloge outrancier qui instille déjà une dimension ironique à l'intérieur du texte.

Ce monde idéal est également incarné par le profil harmonieux de la famille du baron. De plus, c'est une famille qui appartient à la noblesse, dont on peut supposer qu'elle ne connaît pas de difficulté particulière.

BILAN :Ce texte emprunte donc au conte traditionnel par certains aspects, mais il en est aussi une parodie : l'utilisation du stéréotype, qu'il concerne les personnages ou le cadre, est un point d'appui pour la critique propre au conte philosophique.

II : LES EFFETS DE MISE À DISTANCE ( PAR RAPPORT AU CONTE TRADITIONNEL ).

1 : Des failles qui introduisent le doute dans cet univers idyllique.Alors que le cadre renvoie au conte et donc à l'absence de cadre spatio-temporel précis, la situation dans laquelle se déroule l'action est précisée : la « Westphalie » ( qui se trouve en Allemagne ).

Ce détail réaliste rompt avec l'univers traditionnel du conte, qui court-circuite le merveilleux.

De plus, le narrateur introduit une modalisation ( « je crois » ), introduisant le doute par...
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