Commentaire - extrait de gargantua, rabelais

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  • Publié le: 7 mars 2012
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LAGRANGE Robin 1ère L
Commentaire :
Gargantua, Rabelais, 1534

Ce texte argumentatif est extrait de Gargantua, second roman de Rabelais, publié en 1535, dans lequel les aventures et les exploits guerriers du géant sont contés. François Rabelais fut tout d’abord moine, puis médecin et enfin écrivain. Il appartient au courant humaniste qui se développe en Europe au XVe et XVIe siècle.Les faits précédant ce passage du texte se résument à ceci : Gargantua offre à Frère Jean une abbaye que ce dernier accepte à condition qu’elle soit « contraire à toutes les autres ». On pourrait ainsi qualifier l'abbaye de Thélème d'un « anti-couvent ». En quoi cet extrait reflète-t-il les pensées humanistes de l'époque ? Nous examinerons d'abord les principes de l'éducation humaniste avantd'observer les innovations qu'apporte ce lieu utopique sur le plan individuel et social.

Dans son texte, Rabelais introduit peu à peu des éléments qui montrent que les Thélémites sont instruits de façon à ce qu'ils soient conscients de leur liberté et de l'importance du respect de l'autre, et ont donc une éducation très solide, autant sur le plan intellectuel que culturel.
Au début du texte,l'auteur s'attache très particulièrement à faire comprendre au lecteur que les Thélémites sont libres. Il fera passer cette idée par le biais de la règle que dicte Gargantua : « FAIS CE QUE TU VOUDRAS ». Ce passage, étant écrit en majuscules, fait preuve du caractère unique et important qu'il a. « Toute leur vie était employée, non par lois, statuts ou règles, mais selon leur vouloir et leur librearbitre. » : Dans cette première phrase, l'auteur, en plus d'insister sur la notion de liberté, critique le monde extérieur en utilisant la négation, il corrige ce qu'il considère comme un défaut de la société : la loi. Ils n'avaient pas de programme quotidien : ils se levaient « quand bon leur semblait », mangeaient, travaillaient et dormaient « quand le désir leur venait ». Un fait difficile àexpliquer : ce surplus de liberté donnait aux habitants de l'abbaye l'envie de « faire tout ce qu'ils voyaient plaire à un seul ». Cela engendre même l'application de la notion d'honneur, qui ici est synonyme d'égalité et de respect d'autrui : « des gens bien instruits, conversant en compagnies honnêtes, ont un instinct et un aiguillon qui les pousse toujours à des actes vertueux, lequel instinctils nommaient honneur ». Cette absence de règle était telle que, même si dans ce cas ils étaient « contraints » au mariage, les Thélémites pouvaient quitter temporairement ou définitivement l'abbaye : « quand le temps était venu que quelqu'un de cette abbaye [...] voulût sortir dehors, il emmenait avec soi une des dames [...] et ils étaient mariés ensemble ».
Particulièrement dans le quatrièmeparagraphe de l'extrait, François Rabelais montre clairement que les habitants de l'abbaye sont éduqués très solidement, et sont aptes à pratiquer toute sorte d'activité. En effet, on retrouve le champ lexical de cette notion : « bien instruits », « Ils étaient si noblement appris »... « Montées sur de belles haquenées », les femmes étaient capables de chasser au vol, maitrisant donc le dressaged'oiseaux comme l'épervier ou le faucon. Il est dit aussi qu'« il n'était entre eux nul ou nulle qui ne sût lire, parler cinq ou six langues, et composer dans celles-ci tant en vers qu'en prose », il est donc évident que ces habitants montrent des compétences linguistiques, en poésie et plus généralement des compétences littéraires. « Il n'était entre eux nul ou nulle qui ne sût chanter, jouerd'instrument harmonieux » : nous pouvons observer ici une maîtrise de l'art musical. Le narrateur fait ensuite l'éloge des hommes dans la capacité à combattre (« Jamais ne furent vus chevaliers si preux, si galants, si adroits à pied et à cheval, plus verts, mieux maniant toutes armes qu'ils étaient là. ») puis celui de la femme : « Jamais ne furent vues dames si propres, si mignonnes, plus doctes...
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