Commentaire - fin de partie de beckett, dernière scène

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  • Publié le : 3 juin 2011
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Commentaire composé sur Fin de Partie

Prix Nobel de la littérature en 1969, Samuel Beckett est devenu l’un des dramaturges les plus traduits dans le monde. C’est avec sa pièce En attendant Godot que Beckett se fait une place dans le monde de la dramaturgie. Mais c’est surtout grâce au succès de Fin de Partie en avril 1957 que Beckett est reconnu en tant que dramaturge à la fois original etmoderne, comme un novateur absolu. Commencée en 1953 par Beckett, achevée trois ans plus tard et bien qu’ayant fait l’objet de nombreux refus de la part des directeurs de théâtre, la pièce est jouée pour la première fois à Londres le premier avril 1957 ; puis trois semaine après à Paris. Son succès n’ayant depuis jamais été démenti.
Fin de Partie est marquée par la juxtaposition de scènesénigmatiques, dépourvue d’intrigue, où les personnages attendent la mort, attendent la fin. Ainsi, l’extrait étudié se situe à la fin de la pièce, mais l’on peut se demander si cette fin apporte réellement un dénouement, une clôture à la pièce.
S’il est vrai que l’originalité de la mise en scène ajoutée à la structure équilibrée et cyclique de la pièce créent une interrogation sur sa finalité chez lespectateur ; elles sont cependant au service d’une vision du monde absurde.

Tout au long de la pièce est plus particulièrement à la fin de celle-ci, le spectateur est déboussolé et perturber dans ces habitudes, due à l’originalité de la mise en scène.
Tout d’abord, au niveau du langage qui est comme un masque du vide. En effet, les personnages ne communiquent pas. Seul Hamm monologue. Le langageest déconstruit ; Dans sa tirade, Hamm emploie de nombreuses phrases averbales, comme « Encore une chose. », « A moi. », « Ah oui ! », « Un peu de poésie. », « Joli ça ». Ces phrases averbales, dépourvues de verbes, accentuent l’idée de perte, et surtout celle de manque de sens critique de la pièce. Il emploie également des phrases exclamatives et interrogatives ; dans ses questions rhétoriques,il s’adresse à la fois aux personnages présents sur scène mais surtout au public.
On remarque donc un jeu avec la double énonciation. Ainsi, il traverse, brise le quatrième mur avec notamment l’emploi du « vous », lorsqu’il communique simplement avec le spectateur : « Vous ne voulez pas l’abandonner ? », « Vous voulez qu’il grandisse pendant que vous rapetissez ? », « Qu’il vous adoucisse lescent mille derniers quarts d’heure ? ». Hamm s’adresse donc directement et indirectement aux spectateurs, il leur fait ses adieux : « ne parlons plus ». Le public est donc ici totalement perdu dans ses habitudes, entouré par de nouvelles règles théâtrales.
On a donc vu que le langage été déconstruit ; mais l’espace et l’intrigue le sont aussi. En effet, la pièce est dépourvue d’intrigue, il n’y aaucune histoire. Les personnages parlent mais ne communiquent pas, et le spectateur a beaucoup de mal à saisir le sens caché de la pièce.
De plus, depuis le début, l’espace est marqué par la fermeture, l’importance du vide, la rareté des objets et des accessoires. Seuls quatre personnages sont présents sur scène, et seulement deux dans l’extrait étudié, Hamm et Clov. Concernant les accessoires,ils sont également peu nombreux. Seuls des poubelles, un drap, un mouchoir, un chien et un sifflet sont utilisés. Tout cela développe chez le spectateur une impression de frustration qui une fois de plus, le perturbe dans ses habitudes.
Contrairement au théâtre figuratif qui raconte une histoire, on a ici à faire au théâtre abstrait. L’art abstrait nait premièrement dans la peinture au début duXXème siècle, puis s’étend à toutes les autres formes d’art. Ainsi, dans l’art abstrait l’important ne se situe pas dans la forme, mais dans le fond. Or, ici l’auditeur s’interroge sur le fond, sur le sens réel de la pièce.
Cette représentation théâtrale abstraite s’appuie cependant sur une mise en scène originale et novatrice. Beckett a recours à toute une série de codes para-verbaux,...
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