Commentaire jules fery lettre aux enseignants

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  • Publié le : 22 juillet 2010
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Jules Ferry nait en 1832 dans une famille de bourgeois républicains aisés. Il prend part dans la presse à l’opposition contre le second empire. A la chute de ce dernier, le 2 septembre 1870 il fait partie du gouvernement provisoire et occupe le poste de maire de la ville de Paris sous la commune, épisode sanglant dont il gardera, en même temps qu’une certaine crainte des mouvements populaires,la conscience de la nécessité de réformes. Elu député aux élections législatives de 1871, il fait partie des personnalités qui s’opposent à la majorité royaliste et finissent par imposer définitivement la République en 1879. Républicain modéré, Ferry est ainsi, de part son parcours personnel, profondément marqué par les principes de liberté et d’égalité. Héritier de la pensée des lumières et dela révolution française, fortement influencé par le positivisme d’Auguste Compte et par la moralisation de la raison prônée par Kant, il a, comme la plupart des républicains, foi dans le progrès humain tant sur le plan matériel qu’intellectuel. C’est donc tout naturellement qu’en tant que ministre de l’instruction de 1879 à 1883, Ferry réforme l’école pour en faire le vecteur de ces idées, de ceprogrès. Promulguant progressivement ces lois pour qu’elles soient mieux acceptées, il rend d’abord l’école primaire publique gratuite, puis l’instruction (et non la scolarisation) obligatoire, mais ces démarche s’inscrivent dans la continuité d’un mouvement entamé depuis la révolution. En 1882, c’est dans la laicisation de l’instruction publique et son rôle nouveau d’édification morale etcivique, que se situe vraiment la nouveauté.(La commune de Paris qui comptait en faire l’essai, n’ayant pas vraiment eu le temps de mener à bien son projet) Suite logique de la campagne anti-cléricale menée par le consensus républicain sous l’impulsion de Gambetta contre le retour à « l’ordre moral » souhaité par les royalistes ; de ce débat qui cristallise pour un temps l’unité républicaine et permetsa victoire, cette laïcisation de l’école est un rejet total de la forte dimension religieuse de l’école publique telle que la promouvaient les lois Guizot(1833) et Falloux(1850), tous deux hommes politiques royalistes et conservateurs. En 1883, quelques jours avant qu’il ne quitte son poste à l’instruction pour le ministère des affaires étrangères, Ferry adresse à tous les enseignants de Francecette lettre qui interpelle chacun d’eux individuellement, cherchant évidemment à défendre et à préréniser ce qu’il y a d’essentiel mais aussi de plus controversé dans son oeuvre en tant que ministre de l’instruction. Quels peuvent-êtres les enjeux d’un tel message, un an seulement après cette laïcisation de l’instruction publique, objet de tant de débats dans l’opinion publique ?
- Répondre auxcritiques catholiques : Divorce affiché de l’égise et de l’état qui se sécularise, cette mesure de laïcisation qui en accompagne d’autres comme la suppression des bénédictions précédant les sessions de l’assemblée porte le coup de grace aux royalistes. Aboutissement logique du consensus républicain dont l’anticléricalisme est le fondement, ces mesures sont inévitables mais doivent être menées avecprudence, non pas pour ne pas froisser des royalistes hors jeux, mais pour ménager une petite moitié du pays demeurée très croyante. Il s’agit donc de les rassurer : anticléricalisme et laïcité, ne veulent pas dire anticatholicisme contrairement à ce que prétendent Royalistes, ultramontains, et les membres du clergé qui, comme les prêtres, sont directement au contact avec la population. Lesconvictions religieuses ne seront pas interdites mais passeront seulement dans la sphère privée. En somme pour Ferry, la laïcité, c’est la tolérance. Mais la pratique ne risque-t-elle pas de s’écarter de ces beaux idéaux ? De plus, à ceux qui arguent que dans une école, de même que dans un état, une fois l’église écartée règnerait l’immoralité (« science sans conscience n’est que ruine de l’âme »)...
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