Commentaire la princesse de babylone voltaire

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 16 (3857 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 17 mars 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Plan de commentaire : La Princesse de Babylone Voltaire
1) Une utopie
--Un pays imaginaire : un e région à l’écart de tout ; un cadre spatio-temporel qui reste indéterminé(« la rive orientale du Gange »), un nom qui fait cependant rêver et qui renvoie à l’Orient, source de rêverie pour les Européens du XVIIIe (noter aussi le nom d’Amazan…)
--Luxuriance et profusion
. unenature prodigue : « les prés [sont] éternellement fleuris » ; les moutons « innombrables » ; leur laine est « plus fine et plus brillante que la plus belle soie » (noter que le commerce en est prospère et fait la richesse des bergers et du pays tout entier)) ; les diamants abondent (même les bergers en ont !) ; les temples sont de cèdre (bois précieux) ; il est fait mention de « belle[s] pelouse[s]»et de « bocage » généralement fertile… Les adjectifs laudatifs (de l’éloge) les nombreux superlatifs absolus et redoublés : « plus fine et plus brillante que la plus belle des soies » témoignent de cette prospérité générale ; de nombreuses hyperboles ( « éternellement fleuris …troupeaux innombrables …tout ce qui peut flatter le s désirs des hommes ») souvent même redondantes , comme toujours dansles utopies tentent de donner une idée de la richesse de ce pays. Les références à la nature rapprochent, par ailleurs, ces passages de « l’idylle », petit poème (ou tableau) à sujet pastoral bien dans le goût de l’époque.
--Le recours au merveilleux
Topos (lieu commun) de l’utopie, on le retrouve dans ce texte : c’est d’abord un oiseau qui prend le récit en charge ; puis il est faitallusion aux licornes(animal mythique, fabuleux)au pouvoir surnaturel, là aussi décrites par une avalanche de superlatifs(« le plus bel animal, le plus fier…) ; les perroquets prêchent…
--Une société idéale
. L’égalité : une société sans classes sociales : les hommes y sont égaux, la justice y règne donc ; point n’est besoin de roi (on sent bien qu’Amazan a un statut privilégié mais « il est bergercomme eux ») ; les hommes y ont tout ce qui leur est nécessaire et même au-delà (les diamants). L’égalité existe même avec les animaux que non seulement l’on ne mange pas (les Gangarides sont végétariens) mais qui participent à la vie politique (« le conseil ayant pris l’avis des licornes ») ou religieuse (les perroquets). Noter enfin que le système est démocratique (« le conseil des Gangarides»)
. Clémence et pacifisme : voir l’attitude vertueuse des Gangarides à l’égard de leurs ennemis qu’ils ne torturent ni netuent mais qu’ils tentent de » guérir » de leur fureur guerrière considérée comme une « maladie »et qu’ils renvoient « chez eux « humainement ». Ces Gangarides défendent donc des valeurs humanistes (proches bien sûr de celles des Lumières). Ils sont pacifiques, n’ayant fait quese défendre contre les Indiens.
2) Une utopie au service de la critique.
Une critique qui se fait par l’implicite : au lecteur de déchiffrer les intentions de l’auteur, comme c’est toujours le cas dans l’utopie.
--Critique du système politique français par trop inégalitaire : les « bergers » renvoient bien sûr aux paysans français (remarque : vous n’avez pas assez transposé…) et au-delà, sansdoute, au Tiers-Etat. Mais les paysans représentant l’immense majorité de la population française, c’est avant tout à eux qu’il est fait allusion. Allusion plus que claire à la misère qui accable la paysannerie au XVIIIe siècle (disettes, maladies qui provoqueront des révoltes :cf double page distribuée en début d’année sur le XVIIIe). C’est ainsi que l’on peut comprendre la remarque non dénuéed’ironie : « ces bergers…qui, couverts à peine de lambeaux déchirés, gardent des moutons infiniment mieux habillés qu’eux. » Misère redoublée par les impôts multiples qui pèsent sur les paysans : » et qui payent à un exacteur la moitié des gages chétifs qu’ils reçoivent de leurs maîtres » Allusion aussi ici aux nobles qui possédaient les terres. Rappelez-vous les affiches de la Révolution...
tracking img