Commentaire la vie est un songe (ii, 2)

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  • Publié le : 31 mai 2010
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Commentaire : La Vie est un songe (II, 2)
Pedro CALDERON


Pédro Calderon de la Barca fut un homme de lettre espagnol, dans le courant du mouvement baroque au 17ème siècle. Il a écrit 120 comédies et 70 autosacramentales. Dès 1620, il s’adonne à la poésie pour laquelle il remportera plusieurs prix.Ses premières pièces (1629) furent des éblouissantes comédies de cape et d’épée, telle que La dame fantôme ou encore des tragédies, comme Le prince constant qui remportèrent un vif succès.
Revêtant tantôt le titre de poète dramatique, tantôt celui de dramaturge de renom, il s’illustre dans ses œuvres par une brillante synthèse de thèmes qui mêlent philosophie, existence et illusion.
Dans cettepièce de théâtre espagnole métaphysique intitulée La vie est un songe, Calderon propose une réflexion sur l'illusion et la réalité, le jeu et le songe. La pièce est découpée en trois journées ; deux intrigues s'entremêlent.
Dans cette scène, nous assistons au monologue de Sigismond qui est victime de l’illusion de sa propre vie, puisque son père lui a fait boire un somnifère, lui faisant croireque la vie extérieure de la grotte n’était qu’un rêve.
De quelle manière, Calderon, à travers l’introspection du personnage de Sigismond, mène t-il une réflexion sérieuse sur le véritable sens de la vie ?
Nous verrons tout d’abord, comment, par l’universalisation de ses propos Sigismond fait de son débat celui de tous et par la suite, nous analyserons le rôle qu’a joué la religionface aux interrogations d’un personnage dans la tourmente.

A travers ce monologue l’auteur dramatique, a comme objectif de transmettre une pensée qui se veut d’authenticité universelle.
Cette dimension universelle est présente dans la pièce, tout d’abord, par l’image qu’elle véhicule de la condition humaine.
En effet le monologue auquel se prête le personnage principal, fait écho à undébat intérieur. Cette perpétuelle remise en question, et ces interrogations qui le poussent à une réflexion personnelle intense, rapprochent Sigismond du spectateur, et ce dernier peut donc alors s’identifier au personnage, au cœur d’une polémique que l’on peut décrire comme quasi cornélienne.
Le jeune homme a une conception de la vie assez complexe. Son trouble, et sa perdition l’entraînemême à utiliser une vérité dite empirique des lignes 3 à 8, d’après lui la vie est un songe, mais cette vérité n’est qu’une hypothèse qu’il connaît sans l’avoir vécue.
Sigismond prend ici un rôle moraliste, et l’emploie du présent de vérité générale aux lignes 37 et 38 « est » démontre sa volonté d’instruire son destinataire par une leçon de vie.
De plus, l’inclusion du spectateur, du narrateur,et du dramaturge lui-même, à travers l’adoption de la première personne du pluriel, aux lignes 1 « réprimons », 4 « aurions », 5 « agirons » et 6 « habitons » instaure une sorte de relation de complicité entre tous les protagonistes cités deçà.
Mais ce pied d’égalité entre les différentes classes sociales n’est pas seulement instauré dans ce contexte, il l’est également à travers l’interprétationque donne Sigismond de la vie elle-même dans son raisonnement « Roi » ( l. 11), « Riche » (l.21), « Pauvre » (l.23). Il engendre de ce fait, l’universalisation du propos
Enfin, la condition de l’homme se reflète également ici par l’essence propre de l’être humain, qui est, sa qualité à n’être qu’un mortel (l.16-20) « mort ».
L’argumentation de Sigismond nous permet de nous identifier à sonpersonnage.
Le monologue est donc ici une introspection, donnant accès au spectateur aux pensées les plus intimes de Sigismond.
Sigismond est mortel, le peuple aussi, il a donc le même destin que dernier et est donc, par syllogisme, un personnage à l’image de l’homme.
Ce soliloque n’a pas pour unique terme, de présenter les raisonnements logiques du personnage de Sigismond - porte parole...
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