Commentaire le cabaret vert

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  • Publié le : 24 mai 2010
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PLAN
1-La marche de la liberté
2-Un bonheur simple
3-L'obsession amoureuse des adolescents
Commentaire rédigé
"Au cabaret vert" est avec "La Maline", "Rêvé pour l'hiver" un des poèmes recopiées à Douai, rassemblés dans un premier recueil adressé à Paul Demeny dans l'espoir d'être imprimé à Paris et qui relate la fugue en Belgique, la liberté adolescente d'un jeune poète de 16 ans. C'est unsonnet en alexandrins.
1-La marche de la liberté
Le titre est explicite "Au cabaret-vert", mais pourrait plonger par erreur le lecteur à l'intérieur d'un établissement de spectacle dans lequel les spectateurs peuvent se restaurer. Il ne s'agit pas d'un cabaret mais d'un restaurant de routiers en Belgique. Rimbaud s'ennuie à Charleville dans d'interminables vacances scolaires de l'année 1870, enraison de la guerre, à faire le marché, tenant la main de son idiot de frère Frédéric précédé par ses deux sœurs Vitalie et Isabelle se tenant également la main et suivie par la redoutable "mother" autoritaire. Il va fuguer en Belgique, à pied, en train, une chevauchée épuisante de près de 100 kilomètres en 8 jours avec des chaussures en mauvais état à travers la campagne ardennaise. C'est au coursd'une halte dans un cabaret connu de Charleroi, La Maison verte, une auberge de routiers, ainsi qualifiée parce que tout y était peint en vert, même les meubles, qu'il nous dépeint ce rare moment de bonheur, de liberté. C'est bien par rejet d'une existence qui ne lui convient pas que notre poète justifie sa fugue. La multiplication des références donne à cette poésie un aspect autobiographiquevisant à rendre compte d'un instantané vécu, une sorte de note de voyage. Ce voyage nous est décrit avec précision et réalisme, à pied, avec des chaussures usagées, s'y ajoute la précision de l'heure, 17 heures. Les rejets qui ont motivé son départ sont présents dans tout le poème, il y a six enjambements (v.1,3,5,6,12,13) ; trois rejets (v.4,6,13) ; et un contre-rejet (v.13) ; tout est improvisé,décousu et traduits par des alexandrins dissymétriques, mal découpés, parfois boiteux comme le dernier alexandrin du premier tercet dont la longueur n'est sauvé que par une double diérèse douteuse, ti/è/de et colo/ri/é, par des rimes inhabituelles croisées ABAB au lieu d'embrassées ABBA pour les quatrains d'un sonnet, par un vocabulaire très familier " ce fut adorable", "celle-là", "tétons énormes".2-Un bonheur simple
Tout, dans cette auberge est fait pour la satisfaction du client aussi jeune soit-il et aussi seul dans ce restaurant à 5 heures du soir, le sourire commercial de la serveuse, on lui demande, ce qui est inhabituel pour lui, ce qu'il souhaite manger, et le décor, les meubles sont d'un vert apaisant comme la nature. Il est fatigué et il peut se décontracter, se reposer, semettre à l'aise, il "allonge les jambes", il "contemple". Le poète cherche à retrouver une fraîcheur physique, suggérée par les couleurs "blanc" et "rose" du jambon étendu sur le plat, le jambon rappelant étrangement les jambes fatiguées de notre bohémien. Le poète nous fait une description précise des lieux, la tapisserie composée probablement d'un papier peint banal, devient source d'émerveillementavec les dessins simples qui le composent d'ordinaire qui deviennent des sujets naïfs, ce qui est plus valorisant. Même la modeste décoration du plat le ravit, il est colorié, la diérèse accentue le caractère naïf, enfantin d'un enfant découvrant son premier cahier de coloriage. La description de la nourriture fait références aux habituelles sensations visuelles, olfactives et tactiles. Dans lepremier quatrain, il fait la demande de tartines et de jambon, à moitié froid car il s'agit dans son esprit de jambon brut qui se mange d'ordinaire chaud ou froid. On lui apporte des tranches de jambon de Paris, rose et blanc, parfumées d'ail sur un plat et non caché entre deux tranches de pain. La couleur du jambon rose et blanc était déjà celle de la joue de La Maline, "un velours de pêche...
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