Commentaire le portrait ovale

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NOM Prénom Vendredi 26/09/2008
2nde 3

« Le portrait ovale », Edgar Poe
Commentaire composé
[Séquence n°1 : la nouvelle]

I. Un univers vraisemblable

La nouvelle met en place un cadre réaliste, qui coïncide avec l’univers réel du lecteur, et dans lequel il va pouvoir se projeter. Pour que le lecteur accorde crédit à ce qui lui est raconté, Poeutilise divers procédés, dont certains sont propres à la nouvelle fantastique, et d’autres spécifiques à cette nouvelle.

1. La focalisation interne

Tout d’abord, le narrateur principal (celui du récit cadre, que l’on repère de la ligne 1 à la ligne 93) est interne ; c’est même un narrateur-personnage : en effet, il parle à la première personne, et donne accès à ses impressionssubjectives, évoquant, par exemple, à la ligne 19, son « profond intérêt» pour les peintures, ou encore, à la ligne 35, son « déplais[ir] » face à la position des objets de la pièce. Ce procédé est courant dans la nouvelle fantastique, car il permet l’identification du lecteur au narrateur, et donc, son adhésion au récit.

2. Un narrateur rationnel

Le récit du narrateur-personnageest d’autant moins mis en cause que celui-ci est rationnel. Comme souvent dans la nouvelle fantastique, celui qui raconte l’histoire a recours a une pensée théorique, qui n’admet pas facilement l’écart à la logique ; ainsi, c’est pour reprendre ses esprits qu’il ferme d’abord les yeux, au moment où il découvre, troublé, le portrait ovale (« pour penser, - pour [s]’assurer que [s]a vue ne [l]’avaitpas trompé, - pour calmer et préparer [s]on esprit à une contemplation plus froide et plus sûre », lignes 51 à 55). Il ne se contente pas de sa propre expérience pour tirer des conclusions hâtives et déraisonnables (il refuse de croire à l’existence de phénomènes surnaturels), mais soumet son expérience à un examen critique, à ses « réflexions » (ligne 80).
Il confronte, dans un deuxièmetemps, cette expérience à une source fiable, qui pourrait l’expliquer : c’est pour cela qu’il va vérifier ce que raconte du tableau le petit volume d’histoire de l’art, « qui en cont[ient] l’appréciation et l’analyse » (ligne 31-32). C’est une démarche tout à fait scientifique, qui recherche la preuve (on peut supposer que l’auteur de cet ouvrage est un historien, comme le montre la focalisationzéro). L’histoire du tableau constitue le récit encadré (ligne 94 à 145) : intégralement lu et cité par le narrateur, ce récit semble exister réellement.
Ainsi, il garantit l’authenticité des faits, et fait appel à la raison du lecteur.

3. Un amateur d’art au langage technique

Le narrateur rend aussi son témoignage crédible par la précision des termes qu’il emploie, notammentdans la description des lieux. En effet, il examine minutieusement la décoration de la chambre du château où il s’est arrêté pour passer la nuit : le premier paragraphe du texte décrit avec beaucoup de détails les « tapisseries », les « nombreux trophées héraldiques » (ligne 13-14), le « grand candélabre à plusieurs branches » (ligne 24-25), ou encore les « grands rideaux de velours noirs garnisde crépines qui entouraient le lit » (ligne 26-27). Mais ce sont surtout les peintures qui intéressent cet amateur d’art : « suspendues non seulement sur les faces principales des murs, mais aussi dans une foule de recoins » (ligne 19-21), elles éveillent immédiatement sa curiosité ; c’est bien sûr le portrait ovale, en particulier, qui va l’interpeller, et qu’il va donc décrire dans le quatrièmeparagraphe, employant un lexique très technique (« le tout dans ce style qu’on appelle, en langage technique, style de vignette […] le cadre était ovale, magnifiquement doré et guilloché dans le goût moresque », lignes 64-70).

4. Le cadre spatiotemporel

On note que les peintures en question sont « modernes » (ligne 15). Le narrateur fait même, ligne 65, référence à Thomas...
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