Commentaire le taureau banc de voltaire

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  • Publié le : 18 juin 2011
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Le Taureau blanc (1774)
Voltaire

Le conte philosophique connait son apogée au XVIIème siècle, à l’époque des Lumières et en particulier dans l’œuvre de Voltaire. Il écrit en 1774 Le Taureau Blanc, alors qu’il arrive à la fin de sa vie. Il y imagine les péripéties qu’il arrive à son personnage principal qui n’est autre que la princesse égyptienne Amaside. Nous allons étudier un extrait de ceconte où la princesse demande l’aide d’un « beau serpent » pour qu’il lui conte l’histoire de trois prophètes qui voulaient être rois, afin que celle-ci apaise sa tristesse et « se forme le cœur et l’esprit ». En effet Amaside se lamente de ne pouvoir retrouver son amant Nabuchodonosor transformé en taureau blanc.
Nous allons analyser dans une première partie, la façon dont le récit du « beauserpent » peut parvenir à capter l’attention et l’intérêt de la princesse égyptienne et ainsi celle du lecteur.
Puis dans une seconde partie, nous montrerons comment ce récit contient les éléments qui préparent sa leçon implicite, c’est-à-dire la manière avec laquelle l‘auteur arrive à donner à ce conte apparent une portée philosophique.

Le récit du « beau serpent » concernant les troisprophètes, se décompose en trois situations construites selon la même structure, assez schématique : la première pour le roi d’Egypte, la seconde pour le roi de la Perse et la dernière pour le roi de l’Inde. L’ordre est déterminé en fonction d’une sorte de « préambule » énoncé par l‘ange Ituriel. En effet, celui-ci annonce dans les lignes 5 à 9 “ Vous, premier prophète, je vous fais roi d‘Egypte […] Vous,second prophète, vous régnerez sur la ¨Perse […] Et vous, troisième prophète, je vous fais roi de l‘Inde”. Il y fait une répétition du démonstratif « vous », laissant imaginer à la princesse et par son biais, au lecteur, que l’ange les désigne du doigt ou d’une manière quelconque. Cet effet de se croire au cœur de l‘histoire permet de mieux susciter l’attention et l’intérêt du lecteur ou de lapersonne écoutant l’histoire, ici la princesse. De plus, Voltaire utilise ici un vocabulaire simple, facile à comprendre et à interpréter.
Dans une second temps, on peut observer dans cet extrait est à caractère merveilleux. En effet, l’ange Ituriel qui « tombe du ciel », envoyé par “le maitre des choses” (l.1) c’est-à-dire Dieu incitent la princesse à s’intéresser à l’histoire narrée par « le beauserpent », qui fait lui aussi parti des caractères merveilleux de conte. De plus, tous ces personnages relevant de la religion - que l’on suppose très présente à l’époque où se déroule l’histoire et également à l’époque où Voltaire écrit ce conte - ainsi que le terme « prophète » employé à trois reprises (l.5,6,8) pour désigner les rois influencent la princesse à s’intéresser au conte.

Nousvenons donc d’étudier les différents procédés par lesquels le récit du « beau serpent » permet d’attirer l’attention et l’intérêt de la princesse. Nous allons maintenant démontrer par la présence de nombreux procédés la manière dont on peut dégager dans ce texte une morale, qui ferait ainsi de ce conte, un apologue.

L’ironie est également beaucoup présente dans cet extrait. En effet, cette ironiedu conte Voltairien est ici définie dès le début de l’extrait “ils s‘entretenaient des douceurs de la royauté” (l.1-2). Cela peut faire rire, car en 1774 (date de l‘écriture du conte), la royauté française représentée par Louis XVI et Marie-Antoinette était dans le tourment, détestée du peuple, mais adulée par un petit groupe de nobles. On retrouve cette ironie dans la ligne 11 où le « beauserpent » qui raconte l’histoire, nous apprend que le conseil privé du roi d’Egypte “n‘était composé que de deux cents sages” : le pronom relatif « que » marque ici l’ironie puisque réunir deux cents sages parait impossible, mais penser qu’il n’y en a pas assez le parait encore plus. “Le bruit de son éloquence remplit toute la terre” (l.17) marque l’exagération car il semble improbable que l’éloge...
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