Commentaire "le vallon", lamartine

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  • Publié le : 9 octobre 2010
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La poésie romantique du XIXe siècle célèbre notamment la nature dans ses affinités avec la sensibilité humaine. Le recueil les Méditations poétiques, paru en 1820, par Alphonse de Lamartine (1790-1869), grand poète et prosateur du XIXe siècle, n’échappe pas à la règle. L’extrait intitulé « Le vallon », composé de 20 alexandrins et de 5 strophes, compare la nature et l’Homme à travers l’éloge decelle-ci, puis la condamnation de la condition humaine, et enfin à travers le rapprochement de la nature avec le Créateur.

Dans ce texte, nous pouvons observer une omniprésence de la nature : en effet, l’auteur en fait l’éloge. Le vers 5, « Mais la nature est là, qui t’invite et qui t’aime », souligne la dimension positive de celle-ci, accueillante envers les Hommes, ce qui crée uneantithèse avec le vers 3, entre les mots « invite » et « abandonne ». Cela renforce la vision méliorative de la nature, car nous trouvons dans la totalité du texte un registre élogieux, telle une façon de glorifier la grandeur de la nature, celle depuis laquelle tout a commencé. La nature est aussi, pour les intellectuels, source d’une harmonie parfaite : « Adore ici l'écho qu'adorait Pythagore, Prêteavec lui l'oreille aux célestes concerts. », aux vers 11 et 12. On trouve ici une métaphore insérant les bruits de la nature. On peut donc renforcer l’idée de retour aux sources antiques des poètes romantiques, en employant le nom du savant grec Pythagore, grand admirateur de la nature, dans cet extrait de recueil poétique.
Cependant, l’harmonie est totale, même entre l’ombre et la lumière : « Delumière et d’ombrage elle t’entoure encore », au vers 9. On remarque aussi une anaphore au vers 13 : «Suis le jour dans le ciel, suis l’ombre sur la terre ». On peut ici interpréter cette harmonie comme une touche finale au décor, l’ultime confirmation de l’irréprochable création céleste, car même les contraires sont en symbiose. Mais on peut également comparer la nature à une production divine,un hommage à Dieu, un travail intouchable et précieux, comme au vers 18 : « Sous la nature enfin découvre son auteur ! ». Le poète introduit une certaine vision de l’utopie, étant donné que, entre harmonie et dimension positive, la nature est également un « refuge maternel », comme cela est démontré aux vers 6 et 7 : « Plonge-toi dans son sein qu'elle t'ouvre toujours : Quand tout change pourtoi, la nature est la même, ». Le poète donne ici une image protectrice et réconfortante de la nature, telle l’attitude d’une mère vis à vis de son enfant, mais également une personnification de celle-ci.
Le caractère permanent de ces images est souligné par quelques procédés grammaticaux tout au long du poème : aux vers 7 et 8, on observe une répétition de l’adverbe « même » (« la nature est lamême » ; « Et le même soleil »). Aussi, au vers 7, nous trouvons une antithèse entre les opposés « change » et « même », ce qui renforce l’hypothèse de l’harmonie totale. Tout cela produit une insistance sur l’image bénéfique et positive de la nature. Le poète souligne l’origine divine de la nature en faisant ressortir son aspect mystique et spirituel (« Avec le doux rayon de l’astre du mystère», vers 15 ; « Une voix à l’esprit parle dans son silence », vers 19) mais également en employant le champ lexical de l’air (« ciel », vers 13 ; « céleste », vers 12 ; « vole », vers 14), endroit où vit le Divin Créateur.

Le poète creuse le contraste entre une nature rayonnante, pleine de vie, et la condition sordide et sinistre de l’Homme. En effet, les humains sont, dans ce poème, traités avecun caractère péjoratif (« Tes jours, sombres et courts comme des jours d’automne, Déclinent comme l’ombre au penchant des coteaux. », aux vers 1 et 2 ; «L’amitié te trahit, la pitié t’abandonne, Et, seule, tu descends le sentier des tombeaux », aux vers 3 et 4). La mort, évoquée dans ces deux alexandrins, est comparée à l’automne, la « mort » de la Nature, mais celle-ci n’est pas présentée...
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