Commentaire les animaux malades de la peste

Disponible uniquement sur Etudier
  • Pages : 11 (2605 mots )
  • Téléchargement(s) : 0
  • Publié le : 16 octobre 2010
Lire le document complet
Aperçu du document
Comment, grâce à un récit structuré, mettant en scène un fait universel, La Fontaine transmet un enseignement ?
Il s’agira dans une première partie de nous intéresser à son art du récit puis d’analyser l’exploitation de ce récit au service de l’enseignement.

Les Fables, en général, et « les Animaux malades de la peste », en particulier sont des récits très structurés faisant appel à unegrande maîtrise dans l’art du discours chez l’auteur. Il use de son art de plaire à travers les personnages-animaux et le tableaux de la peste, le dynamisme de ce texte par les discours rapportés et l’alternance des vers, et enfin les argumentations détournées du lion, du renard et du loup.
Tout d’abord, La Fontaine délègue la parole à des animaux. Nous assistons à la confession d'un lion, auplaidoyer d'un renard, au réquisitoire d'un loup et à la condamnation d'un âne. Par ce procédé, l'auteur détient une plus grande liberté d'expression, très limitée à cette époque de censure. Un lecteur averti peut aisément reconnaître le monde de la cour avec les courtisans (le Renard), les avocats (le Loup) ; à sa tête le Roi (le Lion) ; ainsi que le bas-peuple (l'Ane, les mâtins, les moutons). Ce moded'expression permet deux lectures : le premier degré de la fable, l'histoire et une critique plus ouverte et personnelle de l'auteur par le biais de sa fréquentation de la cour de Louis XTV. La Fontaine crée dès le début une atmosphère angoissante par la description qu'il est faite du fléau qui ravage les personnages des vers 4 à 14. D’ailleurs ce début de fable est discutable, la situationinitiale peut être inexistante si l’on considère une entrée « in media res », l’auteur porte toute l’attention du lecteur sur la peste. Nous pouvons souligner la personnification de ce Mal, la Peste ainsi que le retardement de sa nomination par l'emploi d'une périphrase des vers 1 à 3 : « Un mal qui répand la terreur,/ Mal que le Ciel en sa fureur/... ». Un tableau très noir se dessine devant nous. Laréférence au fleuve des Enfers dans la mythologie grecque vers 5 : « l'Achéron », l'abondance des constructions négatives souvent placées en début de vers « n' ... point, nul, ni, plus... ..plus ; le champs lexical de la mort « mouraient, frappés, Achéron, crimes », la vision apocalyptique qui se dégage de ce texte « terreur, fureur » nous font rentrer dans un poème du deuil. Le chiasme au vers 7,renforcé par l'allitération de consonnes dentales « t » et « p », exprime la violence de ce fléau destructeur qui s'acharne sur tout un peuple. Les images sont violentes, la Fontaine a le souci de la vraisemblance. C'est au sein de cette tonalité tragique et pathétique (aucun animal ne peut être épargné) que le lecteur pénètre dans le texte du fabuliste. Un coupable doit payer pour tous cescrimes. La Fontaine fait appel au lecteur par cette rentrée « in médias res » au cœur de son texte, afin qu'il compatisse au Mal dont souffre tout ce peuple. Cependant, ce récit reste marqué d'une volonté de faire réagir et d'investir plus directement son lecteur.
De plus, ce récit plaisant est très dynamique.Le rythme nous est donné par l'emploi de deux formes de vers. L'alexandrin, d'un style plusnoble, marque la proximité des fables avec les textes antiques. Il participe de la dramatisation de l'histoire et à rendre la gravité des événements. Tandis que l'octosyllabe renvoie à la vivacité. Ce souci dynamise le lecteur.
Nous pouvons également souligner que le récit est très nettement entrecoupé de paroles rapportées. L'insertion du discours direct, vers 15 à 33, 34 à 41 ou 49 à 54, permetde conserver le dynamisme et l'authenticité à l'œuvre dans un dialogue et donne aux paroles du Lion, de Renard et de l'Ane une vivacité unique. Chacun peut entendre la voix de ces animaux : la personnification en est renforcée. Quant au discours rapporté indirectement, celui du loup, il perd toute expressivité par son insertion totale au récit : l'emploi de la conjonction « que » suivi de la...
tracking img