Commentaire les colchiques

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  • Publié le : 6 avril 2011
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Les Colchiques de Guillaume Apollinaire

Le pré est vénéneux mais joli en automne
Les vaches y paissant
Lentement s'empoisonnent
Le colchique couleur de cerne et de lilas
Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-la
Violatres comme leur cerne et comme cet automne
Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne

Les enfants de l'écoleviennent avec fracas
Vêtus de hoquetons et jouant de l'harmonica
Ils cueillent les colchiques qui sont comme des mères
Filles de leurs filles et sont couleur de tes paupières
Qui battent comme les fleurs battent au vent dément

Le gardien du troupeau chante tout doucement
Tandis que lentes et meuglant les vaches abandonnent
Pour toujours ce grand pré malfleuri par l'automne

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918)

Ce poème, publié en 1907, date du séjour du poète à Neu Glück en Rhénanie, puisqu'il portait primitivement l'indication Neu Glück 1902. Il est donc inspiré par l'amour pour Annie Playden à un moment où cet amour n'avait pas encore pris une coloration tragique.

Les Colchiques est un poème d'un amour qui fait mal parcequ'il n'est pas réciproque.
Le poète compare la femme qu'il aime à une fleur belle, mais vénéneuse, le colchique. Cette femme aux yeux bleus est jolie et séduisante mais elle fait souffrir le poète d'un mal mortel en ne répondant pas à son amour, comme s'il goûtait à un colchique qui contient du venin. Dans ce poème, le poète établit le parallélisme entre la nature et son monde intérieur. Ainsi ildécrit ce qu'il voit autour de lui et le ramène à sa douloureuse expérience. Le poète nous peint d'abord son mal et décrit sa bien-aimée à travers de nombreuses images du domaine de la nature pour enfin finir cette élégie sur un ton d'amère résignation à l'échec. Ainsi nous retrouvons dans ce poème tout le désespoir et la profonde souffrance du Mal-Aimé.

Les Colchiques est un poème qui fonctionnesur la base de correspondance entre la Nature et le monde intérieur du poète. Dans la première strophe l'amour est comparé à un champ où fleurissent les colchiques en fin d'année, notamment en automne. Ainsi, dès les premiers vers, nous retrouvons les deux éléments fondamentaux qui s'opposent: la beauté de l'amour et son côté dangereux et destructif. Les vaches, qui sont en train de paître,jouissent de la prairie et savourent les colchiques. Cependant elles se mettent dans une situation de danger de mort puisque les fleurs sont vénéneuses. La mort viendra doucement et les détruira peu à peu. Il en est de même pour le poète qui est attiré par une belle femme qu'il compare au colchique. L'amour qu'il éprouve pour elle est délicieux mais finira par le détruire. La couleur du colchiquerenvoie à la couleur des yeux de la bien-aimée et établit une correspondance étroite entre la fleur et la femme. Mais c'est également le côté mystérieux et séduisant de la femme qui se lit dans ces couleurs violettes assez rares. Le poète compare les yeux de sa bien-aimée à l'automne. Ainsi la bien-aimée apparaît lasse et froide et il est clair qu'elle ne partage pas les sentiments du poète, ce qui luicause d'intolérables souffrances. On découvre également un jeu de correspondance entre le poète et le rôle des vaches.
À sa douleur personnelle s'opposent dans la deuxième strophe la joie et l'insouciance des écoliers qui rentrent à la maison dans un bruit aussi bien discordant qu'harmonieux. Nous retrouvons ici une connotation positive des colchiques et l'évocation des qualités de la bien-aiméequi a un côté chaleureux, accueillant, bienveillant et protecteur comme une mère. Les colchiques que les enfants cueillent ne leur font pas de mal puisque les enfants ne les consomment pas. Ainsi la bien-aimée est ouverte à un amour enfantin mais non pas à un amour charnel et passionné qu'éprouve le poète à son égard. Ce dernier aspect revient à la fin de cette strophe dans le « vent dément »....
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