Commentaire "les deux coqs"

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  • Publié le : 19 juin 2011
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« Les deux coqs » de Jean de La Fontaine

Travail préparatoire :
Le titre met en scène un couple d’animaux. Il existe d’autres titres de ce genre dans les Fables de La Fontaine (ex : « Les deux amis »).
Extrême minceur du schéma narratif, il s’agit d’un combat entre deux rivaux tranchés par l’intervention d’une justice supérieure représentée ici par un vautour, incarnation du hasard.
Onpeut noter la banalité du thème éthique : les retournements de la fortune, les aléas de la gloire ; la roche tarpéienne est proche du Capitole (la roche tarpéienne était le lieu d’où l’on précipitait à Rome les gens condamnés pour haute trahison, du nom de Tarpeia la fille du commandent de la citadelle, qui ouvrit la porte de la citadelle du Sabin en échange de ce qu’ils portaient au bras gauche).On peut également noter dans cette fable une absence de dialogue ce qui permet de maintenir une certaine distance.
On assiste à un montage de différents registres dans cette fable : épique, parodique.
Dans cette fable il n’y a pas de pallier net, on saute d’un coq à l’autre selon un schéma emprunté au récit de bataille des historiens antiques. Il n’y a pas de dramatisation réelle de la situation.Vers 1 à 2 : l’incipit
Vers 3 à 5 : le commentaire épique
Vers 6 à 10 : le récit du combat
Vers 10 à 19 : la retraite et rancœur du vaincu
Vers 19 à 28 : l’effondrement du vainqueur et le triomphe du vaincu
Vers 29 à 30 : la moralité
Vers 1 à 2 : Un raccourci efficace, trois séquence qui définissent un contexte, installent une action et annoncent un registre d’amplification narratif.L’imparfait « vivaient » souligne un état d’équilibre harmonieux fondé sur la paix et l’amitié et qui est en discordance avec le symbolisme du coq (arrogance, agressivité…).
Le verbe « survint » aussi bien au niveau du sens qu’au niveau du temps utilisé (passé simple) marque le surgissement de l’action. Le schéma de la rivalité amoureuse s’installe et les coqs retrouvent leurs agressivités naturelles.On peut souligner une connotation marginale de la fable : la misogynie.
Le tour « et voilà + p.p. » marque l’enchaînement inéluctable des effets et des causes, le mécanisme est accentué par l’absence de jalons intermédiaire. Le terme « guerre » marque une amplification épique et parodique et introduit le décodage humain de la fable. Ce distique formé d’un alexandrin et d’octosyllabe estconstruit pour l’alexandrin sur une opposition exacte des deux hémistiches du premier vers. L’octosyllabe insiste sur l’effet de l’arrivée de la poule.
Vers 3 à 5 : On assiste à une rupture de la narration au profit du commentaire du narrateur et marqué par la mise en apostrophe du terme « amour » qui relève du discours direct.
La surimposition de la référence épique de la guerre de Troie au combat descoqs définie un registre héroïque.
Le fabuliste créé ici un effet de cocasserie saugrenue. Mais, la pertinence de superposition tient au fait de la similitude des situations.
On peut noter ici l’ampleur solennelle des ces trois vers et notamment l’inversion rhétorique du vers 4 et les assonances sans exemptes au vers 5.
Vers 6 à 10 :
Ce passage est marqué par le retour à la narration. Les vers6 et 8 maintiennent par leurs ampleurs et leurs sonorités le registre héroïque. On peut noter au vers 8 l’emploie de la périphrase « la gente qui porte crête ».
On a dans ce passage une ellipse du combat et seule la rumeur qu’a suscitée cette affaire est mise en valeur. La rapidité avec laquelle ce combat ce termine est évoquée au vers 10 par un chiasme : « fût le prix du vainqueur le vaincudisparut » accentué par « vainqueur » et « vaincu ».
Vers 10 à 18 :
On aborde ici le thème de la retraite et de la conception jalouse. On a ici une parodie dans le registre du lyrisme élégiaque. On note la vanité des apprêts de revanche qui sont signalés par l’emploie des imparfaits et soulignés par le thème du vent (« aiguisait » « battait » « s’armait » « le vent » « l’air ») le narrateur...
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