Commentaire lettre 175 liasons dangeureuses

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  • Publié le : 29 décembre 2009
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I.Une lettre conclusive
Placée à la toute fin du recueil, la lettre 175 respecte les codes d’écriture de l’excipit.
a)Les marques de la fin
Tout au long de la lettre, de nombreux indices signalent explicitement qu’il s’agit de la fin du roman ; l’indicateur temporel « enfin » (l.1), l’expression « le sort de » (l.1), qui nous indique que le destin de la marquise s’achève dans ces lignes, leparticipe passé « rempli » (toujours l.1), impliquant lui aussi la notion d’achèvement et le mot « adieu » (ligne 47), qui prend ici une résonnance nouvelle puisqu’il désigne l’adieu de madame de Volanges à madame de Rosemonde, mais il peut aussi être lu comme l’adieu de l’auteur Laclos à ses lecteurs. Enfin l’expression « une seule liaison dangereuse » (ligne 40) est un rappel explicite du titrede l’œuvre, créant ainsi une boucle avec les premières pages du roman.
b)Le sort des principaux personnages est réglé
Sous forme de bilan, la lettre 175 règle le sort des principaux personnages qui se trouvent dans l’impossibilité d’écrire eux-mêmes pour rendre compte de leur situation.
- La fin des méchants
L’extrait est tout d’abord consacré au sort de la marquise de Merteuil ; le portraitfinal qu’en dresse madame de Volanges est uniformément négatif. La description de la libertine est régie par le champ lexical, négatif, de la perte (« elle y a perdu un œil », « elle l’a perdu tout d’une voix »), est ponctué de qualificatifs à valeur péjorative (« elle était vraiment hideuse »). Le seul verbe d’action dont la marquise soit le véritable agent est un verbe de mouvement signalant lafuite (« elle est partie seule », « elle a pris la route de la Hollande »). La lettre dresse donc le bilan d’un échec. Avec la mort de Valmont et la déchéance de la marquise, les coupables sont punis.
- La fin des « victimes »
Après avoir réglé le sort de madame de Merteuil, le narrateur évoque celui du couple des jeunes naïfs. Ici encore, c’est l’idée de fuite, de perte qui domine. A bien deségards, la vie de Cécile de Volanges et du chevalier Danceny s’apparente à un exil, à un retrait en dehors du monde (« Ma fille prend demain l’habit de postulante », « M. Danceny a quitté Paris. On dit qu’il va passer à Malte, et qu’il a le projet de s’y fixer. »). La mort, le silence, le départ et la retraite au couvent sont de puissants éléments de clôture romanesque puisqu’ils règlent de façonclaire le sort des principaux personnages.
c)Un dénouement ambigu
Difficile pourtant d’isoler de façon nette la destinée des « roués » et le sort des naïfs. Si la culpabilité de la marquise apparaît de façon nette, les victimes que sont Cécile et Danceny ne sont néanmoins pas exemptes de faute. La responsabilité de Cécile, bien réelle, est rappelée à deux reprises, mais de façon atténuée parmadame de Volanges au moyen d’une interrogation rhétorique (« ma fille est donc bien coupable ? » ligne 35), responsabilité ensuite mise à distance grâce à l’adverbe « difficilement » (« céder que difficilement à cette affreuse certitude »). De plus, la proposition concessive de la ligne 27 (« quoique parente éloignée) vient rappeler que la famille de la marquise et celle de madame Volanges sontliées. Le Bien se mêle donc au Mal de façon irrémédiable et interdit toute pensée systématique. Méchants et victimes sont punis car tous deux sont coupables.

II.La lamentation de madame de Volanges
Les modulations, particulièrement nombreuses, de la tristesse donne une image éminemment pathétique de madame de Volanges.
a)L’expression de l’émotion
Au seuil de cette fin que madame de Volanges a dumal à accepter, une série de signes révèle le doute qui habite le personnage. La présence de points de suspension marque un arrêt brutal de l’écriture, comme si la mère de Cécile était débordée par l’émotion mais aussi dévorée par un doute affreux, doute mis en évidence par les ellipses et les phrases interrompues (« Il serait peut-être encore temps de le retenir ?... Mon amie ! ma fille est...
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