Commentaire lettres persannes montesqieu

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  • Publié le : 8 décembre 2010
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Dans toutes les sociétés, on trouve une certaine conception de la justice. On pourrait donc penser que cette notion est universelle. Cependant, la manière dont ces sociétés l’appliquent, leur façon de penser le bien et le mal, est différente (critiquer un gouvernement dictatorial sera jugé comme mauvais dans cette société, ce qui n’est pas le cas en France). La balance, allégorie de la justice,serait-elle réglée différemment d’une société à une autre ? Si cette notion est relative à un individu, une société… on pourrait penser que le juste pour les uns, correspondrait à l’injuste pour d’autres. Concevoir la justice dans ces conditions semble quelque peu difficile et il semble d’ailleurs impossible à Pascal de pouvoir « fortifier » cette notion trop abstraite.Dans Les Lettres Persanes, Montesquieu, critique, à travers des personnages fictifs, les mœurs, les institutions de la société française et perse du XVIIIème siècle et le thème de la justice est notamment abordé dans la lettre LXXXIII. Comment, malgré les problèmes que nous avonspu soulever, l’auteur va-t-il pouvoir mettre la justice à l’abri du relativisme qui sévit à son époque ? A travers son personnage Usbek s’adressant à son ami Rhédi, Montesquieu va exprimer sa confiance dans une justice « éternelle » qu’il définit comme un « rapport de convenance » d’essence non divine.

Tout d’abord, Montesquieudonne sa définition de la justice. Il la présente comme « un rapport de convenance » c'est-à-dire un lien, un arrangement « qui se trouve réellement entre deux choses » et qui convient, qui satisfait ces deux « choses » de sorte qu’aucune des deux ne se sente lésée. La justice doit donc s’employer à établir une certaine équité entre les parties, à peser le pour et le contre afin que la vie ensociété puisse être possible. Il oppose la justice à la recherche d’un intérêt particulier. En effet, une société sans justice peut mener l’homme à son état de nature où il n’est
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mû que par la recherche de son intérêt personnel. C’est cette situation extrême que l’auteur décrit dans lalettre XI où les membres du peuple des Troglodytes s’autodétruisent à cause de leur égoïsme, de leur immoralité... Seulement, même si la justice est présente, « elle peine à se faire entendre même en élevant la voix ». Effectivement, l’intérêt personnel semble beaucoup plus visible et peut-être plus facile à atteindre pour l’homme qui, pour cette raison,risque d’être mauvais. (Montesquieu exclu le fait qu’un homme puisse être mauvais gratuitement, ce qui semble être incorrect pour nous qui connaissons, entre autre, les atrocités du nazisme. On peut aussi citer le film Orange mécanique de Stanley Kubrick dans lequel des jeunes s‘amusent à frapper des badauds). Ainsi, en ne voulant s’occuper que de son propre intérêt sans prendre en compte sonprochain, chaque individu empêche autrui de satisfaire le sien. L’intérêt peut donc être considéré comme la source de la justice, celle-ci devant agir pour que l’ensemble des hommes puisse le satisfaire et non un seul en particulier. De même, l’homme qui veut faire appliquer la justice,doit faire fi de son propre intérêt sans quoi il ne pourra être juste dans toutes les situations. L’actualité peut, d’ailleurs, nous servir d’exemple, en effet, dernièrement, dans l’affaire dite « Bettencourt », le procureur Courroye a été dessaisi du dossier dont il s’occupait jusqu’ici, car il était accusait d’être trop proche du Président de la République et aurait donc pu faire preuve de...
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