Commentaire lokis

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  • Publié le : 28 janvier 2010
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Commentaire Composé
TD « La Bête Humaine »

Au 19eme siècle, époque où vont triompher le Romantisme et naitre le Réalisme, Mérimée écrit « Lokis », une nouvelle dans laquelle la frontière entre humanité et animalité est poreuse. Le professeur Wittembach, qui raconte l’histoire, y conte en effet l’histoire d’un homme, le comte Szémioth, faisant l’objet d’une énigme tout au long du récit,laissant planer le doute sur sa nature duelle. Dans cet extrait, le comte et le professeur se sont rendus au château de Dowghielly, ils passent la soirée avec Mademoiselle Iulka (future fiancée du comte) et restent dormir là bas, tous deux dans la même chambre. C’est alors que le comte fait un rêve étrange, scène à laquelle va assister le professeur et qu’il va nous décrire.
En quoi les comportementsdu comte et du professeur dans le texte permettent-ils à l’auteur de nourrir cette ambigüité et d’orienter le lecteur vers la solution finale ? La tournure dérisoire que va prendre la description du professeur fera l’objet d’une première partie, puis nous évoquerons les indices qui manifestent de cette dualité entre l’homme et l’ours avant d’aborder la présence d’une frontière mobile entre lerêve et la réalité.

D’une part, on se trouve dans cet extrait face au point de vue du professeur Wittembach dont le témoignage est tourné en dérision par Mérimée.
Dès le début de l’extrait, le professeur se trouve dans une ambiance effrayante. Le dialogue précédent le texte est écrit de façon à plonger dors et déjà le professeur dans cette ambiance étrange, le comte lui ayant raconté l’anecdotedes « hussards de Grodno » selon laquelle il aurait faillit tuer un de ses camarades alors qu’il rêvait. La façon dont Mérimée va agencer le texte va aussi permettre au lecteur de percevoir l’angoisse que peut ressentir le professeur, la multiplication des points de suspension dans l’aparté du comte permettant de faire durer les espaces lors de la lecture et ainsi d’amplifier la peur du fait de cerythme lent. Le champ lexical de la peur vient aussi renforcer cette idée (« tressaillir » l.14, « frémissait » l.15, « inquiétude » l.30). Enfin, l’étrangeté des propos du comte dans son sommeil vont permettre à l’auteur de finir de planter ce décor de terreur dans laquelle se trouve le professeur.
C’est alors que Mérimée va tourner ces sentiments d’effroi en ironie. Tout d’abord, cetaffolement du professeur amène le lecteur à sourire : ce personnage qui se place tout au long du texte du coté du rationnel est ici effrayé par un homme qui fait simplement un rêve ! Il se promet ensuite « intérieurement de ne jamais coucher à coté de M. le comte », pensée ajoutée pour exagérer sa peur, qui semble être un rappel du professeur à lui-même de sorte à ce qu’il ne l’oubli pas. Chose que l’onaurait pu deviner sans cet ajout mais qui vient rappeler la part de dérision que Mérimée accorde à son personnage. On constate de plus un écart dans la façon dont parle le comte, qui utilise des termes plus proches du familier (« Bien fraiche […] Le cheval ne vaut rien » l.18-19), alors que le professeur utilise même dans ses pensées un langage soutenu (« fort mal à mon aise » l.27), malgré cettesituation qui l’effraie, ce qui constitue une fois de plus une manière de le tourner en ridicule. Il voudrait tout de même pouvoir disparaître ou devenir invisible lorsque le comte va se réveiller et va « demeur[er] immobile » l.23 et faire « semblant de dormir » l.24. On retrouve ainsi une confrontation entre la peur du professeur et sa tentative de rester de marbre et de ne pas se laisserdépasser par ces évènements, qui déclenche forcément une certaine moquerie chez le lecteur.
C’est par cette dérision envers le professeur que l’auteur va pouvoir semer le doute sur la véracité de ses propos. Dans cette nouvelle, on constate l’utilisation de la première personne pour raconter l’histoire. Le professeur Wittembach est donc un narrateur intra-diégétique, c’est lui qui raconte ce qu’il...
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