Commentaire louise michel "prise de possession"

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  • Publié le : 3 juin 2012
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Lecture analytique de l’extrait de Prise de Possession, Louise Michel (1890)

En quoi l’argumentation dans ce texte est-elle efficace et originale ?

Eléments pour l’introduction :
Les propos de Louise Michel sont d’ordre économique et politique. Le texte a pour thème le capital, l’argent, qui, en cette fin du XIXème siècle ordonnent la société. Aussi s’inscrit-elle dans le sillage de KarlMarx qui a publié son premier livre du Capital en 1867 mais son texte est plus polémique que scientifique.



La dénonciation du capital


1. La stérilité du capital
Louise Michel dénonce le fonctionnement du capital et de ses revenus fondés sur l’exploitation : « ce que les autres ont semé (…) qui sert à vivre somptueusement en ne faisant rien ». La dénonciation du capitalet de l’exploitation qui le sous-tend apparaît dès le deuxième paragraphe à partir de l’adverbe temporel « aujourd’hui » qui marque ici davantage une opposition. Le parallélisme de construction « ce n’est pas… mais…, ce n’est pas… mais… » et les effets de répétition « son travail… travail des autres… on sème… les autres ont semé… » (l. 4-5) soulignent la fracture qui s’est opérée entre lestravailleurs et ceux qui les exploitent.
Louise Michel dénonce la stérilité du capital en filant la métaphore de la culture (champ lexical « coin de terre cultivé », « on sème », « semailles », « fécondes », « haute et touffue », « gerbes », « terre », « sol », « fécond », « stérile »). Le troisième paragraphe propose une vision quasi apocalyptique : « les pourritures sociales sont fécondes », « leraz-de-marée des foules passera noyant les gerbes et les jetant sur la terre ». Ainsi, l’auteur suggère qu’une telle logique capitaliste n’a aucun avenir sinon dans l’absurdité, le « grotesque » (l. 14) et « la mort » (l. 16) comme l’indiquent le parallélisme et l’antithèse « de fête en fête, d’hécatombe en hécatombe » (l. 13). En effet, non seulement le capital est stérile mais en plus il estresponsable de nombreux « crimes ». Il est associé par comparaison à « l’anthropophagie » (l. 10) ou encore à la figure du « vampire » (l. 10). Louise Michel assimile l’exploitation à un « parricide » puisqu’elle condamne un homme à la pauvreté, à la mort, alors même que celui-ci fait partie du même groupe, de « l’humanité », du « tous » (évoqué l. 2) et constitue en ce sens un parent. Le vocabulaireest très négativement connoté, l’auteur choisit volontairement des termes très forts pour dénoncer l’extrême violence du capital : « pieu enfoncé », « parricide », « hécatombe », « chair vive ».

2. Le travail glorifié
Face à l’indignité du capital, le travail est valorisé même glorifié. L’auteur s’appuie sur une représentation du travail qui rappelle les textes des Lumières. Il s’agitd’abord du travail de la terre : « coin de terre cultivé » (l.1), « on sème » (l. 4-5), « on range ses outils » (l. 2). Louise Michel instaure une antithèse et oppose, à la stérilité du travail, « le sol (…) fécond » (l. 20). A travers la personnification du travail le texte propose donc une alternative au capital, alternative située dans l’idéal « communiste » (l. 19) : Les travailleurs doiventdisposer du produit de leur labeur, en prendre « possession » (l. 19), ils s’élèvent par leur travail.



Une stratégie argumentative particulière


3. Des procédés oratoires qui garantissent la transmission des idées
Louise Michel affiche le souci de s’adresser à tous comme le montre l’emploi du « on » généralisant (« on entoure de barrières » l. 4, « on a couvert deruines », « on commence » l. 24) et de l’adjectif indéfini dans « tout homme ». Dans le premier paragraphe, elle évoque une époque révolue et lointaine, « enfance de l’humanité » où il y avait alors place pour tous ». Le champ lexical de l’innocence (« enfance », « ignorance », « simplicité ») fait de cette période un certain âge d’or opposé (l’adverbe de temps « aujourd’hui » souligne l’opposition) à...
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