Commentaire madame bovary portrait de catherine leroux (scène des comices)

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  • Publié le : 5 juin 2010
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MADAME BOVARY,

Portrait de Catherine Leroux (scène des comices)

Au cours des comices agricoles qui se déroulent à Yonville l'Abbaye, Emma rencontre Rodolphe Boulanger qui lui fait la cour. Mais le narrateur garde un œil sur le déroulement des comices et, à l'occasion de la remise des prix, esquisse le portrait de Catherine Nicaise Leroux, gratifiée d'une médailled'argent pour « cinquante quatre ans de service dans une mêmeferme. »Quel peut-être l'intérêt de ce portrait? (annonce de la démarche)

I. un portrait physique à portée sociale: Usure physique: les traits physiques du personnage en soulignent l'usure (et non la vieillesse normale) : elle est « ratatinée» - par ce terme dépréciatif le narrateur suggère l'extrême réduction de cet être humain;particulièrement ridée - l'auteur en marque l'abondance par une comparaison «plus plissé de rides qu'une reinette flétrie» ; l'état des mains, où le regard du narrateur s'attarde car elles sont sans doute les plus représentatives de cette longue vie de travail, - des objets grossiers comme les galoches « longues mains à articulations noueuses », des objets érodés, sculptés, par les multiples tâches «encroûtées, éraillées, durcies» (noter l'insistance ici, dans l'énumération d'un lexique expressif; les qualificatifs sont des participes passés, c'est-à-dire que l'auteur souligne le résultat d'actions) « à force d'avoir servi ». On est tout à fait à l'opposé des canons esthétiques de la bonne société qui veut des mains blanches et fines (celles-ci sont « noueuses» et semblent salies) Pauvreté: Lenarrateur tient à souligner l'indigence du personnage par ses vêtements, de «pauvres vêtements» : une camisole, un tablier (qui souligne que l'on a affaire à une travailleuse, qui n'a semble-t-il pas d'autre tenue pour participer à la fête) un béguin «sans bordure », c'est-à-dire dépourvu de la moindre coquetterie, et de «grosses galoches de bois », dont l'auteur met en évidence l'aspectgrossier. Un aspect extérieur gui résulte de son état social: « un demi-siècle de servitude» ; cette servante fait les lessives; lave, peigne, file la laine; nourrit les animaux ... dans des conditions hygiéniques déplorables la poussière des granges; 54 ans sans répit (l'énumération des tâches suggère leur intensité), manifestement sans salaire (juste logée et nourrie) - puisqu'elle n'a rien d'autre à semettre, après 54 ans, que ses pauvres vêtements. Le narrateur laisse imaginer une longue vie de souffrances, « ...l'humble témoignage de tant de souffrances subies» (noter l'adverbe intensif « tant ») . En définitive: Pas une grande dame, Catherine Leroux - ni aristocrate ni bourgeoise, pas même une jeune Cosette ... bref, pas le moins du monde un profil d'héroïne romanesque. Mais un de ces êtresinsignifiants que personne ne remarque et qui ne sort de l'ombre que fugitivement, juste le temps de recevoir sa médaille et, dans le roman, juste le temps pour le narrateur apparemment confondu avec les badauds - « alors on vÙ s'avancer ... » d'esquisser son portrait avant qu'elle ne retombe dans l'oubli. Une servante donc, une de ces bonnes à tout faire, méprisées, exploitées. Un état qui a lalongue a façonné sa psychologie.

II. portrait psychologique: l'attitude du personnage est hautement significative: timidité, crainte: « maintien craintif», «paraissait

se ratatiner »(expression péjorative), « mutisme », «placidité », «elle demeurait tout immobile, ne sachant si... » (souligner l'emploi du verbe savoir à la forme

négative). Cette vieille femme a à peine figure humaine;d'ailleurs elle est mal à l'aise d'être le point de mire des badauds, mal à l'aise au milieu des humains, comme si elle n'appartenait plus à leur communauté. En recourant à l'expression effaroucher «intérieurement effarouchée» (d'une expression latine signifiant «sauvage ») le narrateur l'apparente à un animal sauvage. Stupidité: rigidité monacale»: dépourvue d'expressivité - et dépourvue de la...
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