Commentaire mohammed dib chapitre 11

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  • Publié le : 1 décembre 2011
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Mohammed Dib, L’INCENDIE
COMMENTAIRE CHAPITRE 11

Introduction :

L’extrait que nous allons étudier est le chapitre 11 de L’incendie de Mohammed Dib écrit en 1954. Ce roman constitue le second volet de la trilogie formée par La grande maison (1952) et Le métier à tisser (1957). L’auteur y retrace la vie d’une ville algérienne à l’aube de la guerre d’indépendance. Pour ce faire, il choisitde suivre le regard frais et lucide d’un enfant, Omar, qui devient témoin des souffrances d’une population ainsi que des mouvements qui précisent la révolte des Algériens contre le pouvoir colonial.
Le passage auquel nous allons nous intéresser met en scène Kara Ali, des Fellahs et des Fermiers de la ferme Marcous. Ce chapitre fait écho au chapitre 7 dans lequel Kara Ali parle de la possibleimplication de Hamid Saraj et des fellahs dans la révolte contre les colons. On peut se demander alors en quoi ce chapitre montre le début de l’affrontement entre les fellahs, les colons et les futurs collaborateurs.
Pour répondre à cette question, nous aborderons tout d’abord les différents échanges entre les protagonistes puis la distance qui s’établit entre eux et pour finir nous verrons leretournement de situation qui s’opère tout au long du chapitre.

Partie I
Dès le début de ce chapitre, nous voyons qu’une opposition entre les différents protagonistes se met en place tant au niveau de l’ambiance que des paroles de chacun. Effectivement, l’arrivée surprise de Kara Ali rend l’atmosphère tendue ce qui entraine des échanges verbaux assez violent entre Kara Ali et Ali Ber Rabah.L’arrivée de Kara Ali jette un froid parmi les fellahs. Plus aucun d’entre eux n’ose parler ni répondre à la question du cultivateur. On voit que l’auteur utilise le champ lexical de l’inattendu : « Kara Ali survint », « Kara Ali avait laissé tomber sa question comme une pierre », « pour tout dire, il ne se gêna d’aucune manière comme si c’était son droit», « ce fut alors que se produisit l’inattendu ».Nous voyons bien qu’à travers ces passages Kara Ali impose sa présence aux fellahs par le biais de sa venue imprévue. L’effet de surprise est accentué par le fait que les fellahs arrêtent toutes activités dès lors que Kara Ali apparaît « sans tenir compte de ce qu’on disait. Sans se soucier si les gens avaient des affaires à eux à discuter ». On peut observer que le narrateur utilise l’imparfaitpour désigner les actions des fellahs qui durent dans le temps comme «étaient là », « ce qu’on disait », « avaient des affaires à eux à discuter », et le passé simple pour un fait ponctuel, inattendu comme « survint », « ne se gêna pas » « produisit ». Cette concordance de temps renforce l’idée d’une action ponctuelle et inhabituelle qui surgit durant une action habituelle c’est-à-dire l’arrivéede Kara Ali et sa question pendant que les fellahs discutent entre eux. La question de Kara Ali va être l’élément déclencheur d’un affrontement verbal entre celui-ci et le courageux fellah qui ose lui répondre, Ali ber Rabah.

L’affrontement verbal entre les deux protagonistes va être violent surtout de la part de Kara Ali qui n’accepte pas qu’Ali ber Rabah réponde à la place de Ben Salem Adda.De plus, il prend mal le ton sur lequel lui répond le fellah ce qui crée en lui un bouillonnement qu’il ne peut contenir « le fou à grelot qui s’agitait dans sa tête s’excita et Kara Ali dérailla ». Kara Ali a senti comme de l’irrespect dans les paroles du fellah. C’est alors que le cultivateur va s’emballer et insulter Ali ber Rabah de « butor » ainsi que la famille de celui-ci «j’ignore quelleest la femelle qui t’a enfanté, mais je connais ton père : un vaurien ! … maudite engeance, tous ! ». Le respect d’Ali ber Rabah « nous ne sommes pas tenu de vous répondre, Si Kara », fait face à l’arrogance et à l’irrespect de Kara Ali « tu es, vous êtes tous autour de lui comme des mouches quand il arrive ». Il fait une généralité des fellahs. C’est lui qui donne le rythme à cet affrontement,...
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