Commentaire on ne badine pas avec l'amour

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  • Publié le : 21 mars 2011
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Acte II, scène 2.
 
Introduction:
Alfred de Musset, écrivain du XIXème siècle, manipule dans sa pièce On ne badine pas avec l’amour les différents registres du théâtre. Aussi, dans les différentes scènes, Musset arrive, très rapidement, à nous faire passer de la sensation d’amusement, de bonheur à une impression de malheur, ou pire encore, de profonde tristesse. Le monologue de Maître Bridainesitué à la scène 2 de l’acte II , informe le spectateur sur les sentiments les plus intimes de ce dernier. Effectivement, le curé exprime son affliction d’avoir dû céder à Maître Blazius sa place d’honneur lors des repas chez Monsieur le Baron. L’enjeu du passage réside alors dans le décalage entre forme et fond car, c’est dans un style quasi lyrique que le fantoche de la pièce écrie sondésespoir lequel concerne paradoxalement les sujets futiles et même profanes que sont l’excès et la gourmandise. En quoi un tel écart relève-t-il du genre comique? D’un élan lyrique le monologue sombre dans le pathétique. Loin de provoquer l’attendrissement voire même les pleurs du spectateur, une telle alliance inspire moquerie, dérision, en somme, comique et parodie.
 
 
Conclusion:
Maître Bridaine,ecclésiaste, qui devait montrer l’exemple du jansénisme s’est laissé séduire par les plaisirs terrestres qui rabaissent l’homme à sa condition première. Derrière le signe de croix ou les messes latines Maître Bridaine s’offre à l’ivrognerie et à la gloutonnerie; une inconvenance qui renforce le comique de la scène. En outre, si le comportement ou du moins, la réaction du religieux à la perte deson siège auprès de Monsieur le Baron est tournée en dérision, un tel comique n’a pas pour seule vocation de divertir, il en va de la fonction même de la comédie. Maître Bridaine est tout comme Dame Pluche un prétexte pour Alfred de Musset à faire une critique sévère de cette religion de façade et plus généralement de la dévotion comme a pu le faire Molière dans sa comédie Tartuffe.

Finalement,On ne badine pas avec l’amour, pièce entre dérision et désillusion accorde aujourd'hui à Alfred de Musset la même gloire que ses vers avaient pu lui offrir au siècle précédent.

 
 
 
I.
La scène 2 de l’Acte II de la pièce On ne badine pas avec l’amour d’ Alfred de Musset, scène très brève (21 lignes) est appelée monologue, en ce sens qu’elle met à jour les sentiments d’un des personnages enl’occurrence ceux de Maître Bridaine. Dans un monologue, le personnage se parle à lui-même l’instant d’une pause dramatique, ceci lui permettant d’établir une sorte de bilan de la situation en même temps que le spectateur entre en communication avec ses pensées souvent très intimes. Il semble alors facile de qualifier un monologue de lyrique car l‘exaltation des sentiments est bel et bienprésente. Elle se traduit autant dans la forme (musicalité de l’extrait) que dans le fond (réseaux lexicaux et temps verbaux).
Le lyrisme tire son appellation de l’instrument du dieu de la musique Pan: la lyre. Aussi, la forte ponctuation (grand nombre d’exclamations ou encore d’énumérations) permet de donner au propos de Maître Bridaine rythme et dynamisme en somme musicalité. A cela vient s’ajouter lechant impérieux des reprises anaphoriques d’apostrophes telles que « Ô malheureux » (ligne 4), « Ô sainte Eglise catholique» (ligne 9) qui témoignent de l’effarement et de l’agitation du religieux face aux circonstances.
Si les tournures de Maître Bridaine chantent le désespoir et l’accablement du personnage les thèmes qu’elles abordent n’en sont pas moins lyriques. D’une part, en bon religieux lepersonnage en prise avec son désarroi fait appelle à son supérieur: Dieu (« Ô sainte Eglise catholique» (ligne 9) , « Dieu ! » (ligne 12)). La figure divine, grâce au vocabulaire soutenu qui l’entoure, incarne à la fois la beauté, l’absolu et le lyrisme même.
Un lyrisme quasi divin émane du monologue de Maître Bridaine. Seulement, le désespoir qu’il dégage y ajoute une touche pathétique.
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