Commentaire pascal

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  • Publié le : 17 juin 2011
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« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » dit Montaigne, écrivain des Essais du XVIème siècle. Il fut le premier à montrer la misère de l’homme sans Dieu, se basant notamment, comme nous pouvons le percevoir dans la citation, sur l’individualisme, la vanité de la nature humaine. Pascal, auteur du XVIIème siècle, tente de réfléchir sur cette misère dans les Pensées. Sur certainspoints, les idées des deux auteurs se rejoignent et notamment sur celui de la vanité. « Quelle vérité que ces montagnes bornent, qui est mensonge au monde qui se tient au-delà _ Quelle bonté que le trait d'une rivière fait crime » écrit Montaigne, tandis que Pascal reprend : " plaisante justice qu'une rivière borne : vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ". Mêmes formules, mêmes exemples,mêmes métaphores... leurs philosophies sont ici semblables. Pascal, dans son recueil de réflexion philosophique Pensées, entreprend une apologie du christianisme. Dans un temps de libre-pensée, Pascal tente de ramener les libertins à Dieu. Pour cela, il peint l’homme comme un être faible qui ne peut trouver la félicité sans Dieu. Dans l’extrait argumentatif étudié, l’auteur introduit le thème de lajustice pour évoquer notre faiblesse, notre impuissance. Au travers d’une argumentation ironique qui recourt à l’exemple, Pascal condamne la vanité, l’individualisme de l’homme dans la justice. Ainsi, servi par une écriture démonstrative, héritée de la formation scientifique de son auteur, le texte se présente comme une argumentation fort élaborée au service de la prise de conscience du lecteur de samisère. Nous allons nous demander comment, à travers différents procédés et le thème de la justice, Pascal arrive à peindre la misère de l’homme sans Dieu. Nous présenterons d’abord le discours contradictoire et ironique au service de l’argumentation puis la misère de l’homme montrée à travers la justice et enfin les moyens rhétoriques de persuasion.

Pascal tente de convaincre les lecteurs enponctuant son discours de contradictions et d’ironie. L’auteur débute son argumentation par une question oratoire, à laquelle il va tenter de répondre au long du texte : « Sur quoi fondera-t-il l’économie du monde qu’il veut gouverner ? ». Le verbe « fondera », ayant pour signification « établir » est une expression forte suggérant que l’aboutissement de l’argumentation, qui devra êtrerigoureuse, déterminera la vision de la fondation du monde et ainsi le mode de fonctionnement de la nature humaine, le but étant de montrer sa misère sans Dieu. Nous percevons à travers les deux questions oratoires suivantes qu’il y a un décalage entre la première interrogation, suggérant une stricte prise de décision et les deux suivantes. En effet, Pascal se demande, prenant Montaigne comme personnage deson argumentation, grand philosophe aux idées qu’ici, il approuve, sur quoi le monde pourrait se fonder : « Sera-ce sur le caprice de chaque particulier ? » ou « Sera-ce sur la justice ? ». Ces deux possibilités semblent être contradictoires, la justice devant être synonyme d’équité et non d’individualisme. En répondant lui-même aux questions, l’auteur marque des évidences. Il admet en effet : «quelle confusion » que de fonder le monde sur le « caprice de chaque particulier ». Or, dans la phrase suivante, nous voyons que la maxime sur laquelle se fonde la justice selon Montaigne est « que chacun suive les mœurs de son pays ». Les deux premières questions seraient alors contradictoires dans les mots, « justice » s’opposant au « caprice de chaque particulier » mais non dans le sens qu’endonne Pascal. De même, la réponse catégorique à la première question oratoire serait alors une contradiction qui permettrait d’appuyer l’absurdité de la maxime, et ainsi de la nature humaine l’appliquant.
Le texte continue au conditionnel en suggérant une chimère du monde réel contradictoire à la maxime de Montaigne. L’hyperbole « véritable équité » suivie du conditionnel « aurait », suggère...
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