Commentaire pierre de ronsard " je n'ai plus que les os... "

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  • Publié le : 14 avril 2010
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Texte : « Je n’ai plus que les os… » de Pierre De Ronsard, Publié en 1586 à titre posthume.

Bordelais né en 1524, Pierre De Ronsard se destinait à une carrière militaire, carrière vite oubliée étant donné des problèmes de surdité de celui-ci. Il devient alors une sorte de moine et écrit ses premiers livres en 1550 qui connurent un succès immédiat. Avec l’aide entre autres, de Joachim DuBellay, il fondera la Pléiade. « Je n’ai plus que les os… », publié en 1586 à titre posthume, est une véritable lamentation sur la déchéance physique et morale du poète. Nous verrons comment Ronsard met en valeur sa propre mort. Dans ce poème autobiographique, sous forme de sonnet, l’auteur exprime sa méditation sur la mort, influencée par la religion et la pensée humaniste, d’apparence contradictoire.Il met également en scène sa propre résignation, résignation progressive sur une constante pathétique et dans une tristesse omniprésente.

Ronsard se penche sur la mort de deux manières dans ce poème. Il la voit d’abord de part une vision humaniste. En effet, on remarque que le poème porte l’empreinte de références antiques, à l’exemple du vers 6-7, où « Apollon et son fils, deux grandsmaîtres ensemble, Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ; ». Ces deux dieux n’ont pas été choisi au hasard : Apollon est le dieu de la divination et Asclépios, son fils, est le dieu de la médecine. Leur impuissance à guérir l’auteur, pourtant tous deux maîtres excellant dans leurs arts respectifs, montre à quel point Ronsard est atteint. Celui-ci croit en l’homme et en sa science, ainsi que ledémontre l’utilisation du champ lexical de l’anatomie (« os », « squelette » (vers 1) ; « décharné, dénervé, démusclé » (vers 2) ; « bras » (vers 4) ; « œil » (vers 7 et 10) ; …). L’homme est alors placé au centre du poème comme les humanistes placent celui-ci au centre de leurs recherches. C’est alors aux dieux de l’Antiquité à qui il demande de l’aide et non au Dieu catholique.
Cependant,Ronsard est très pieux, il est moine. Et ce poème exploite également le thème de la religion, dans le sens où il évoque un « au-delà » dans le dernier vers. Le poète espère obtenir son salut dans un monde inconnu et fait le sacrifice de soi pour ses amis. Partant le premier, il va faire en sort que tout se passe bien pour eux quand leur tour viendra. L’auteur applique ici les principes fondamentaux dela Bible, il fait passer les autres avant lui-même.
Ce contraste dans sa vision de la mort compose avec la résignation du poète face à celle-ci.

La résignation de Ronsard est progressive. Tout d’abord, il a peur de partir, s’y refuse, comme l’exprime les mots appartenant au champ lexical de la peur voire même de la terreur. Il tremble, n’ose même pas se regarder. Il est conscient de son état,mas se refuse à l’accepter, il ne veut pas se voir comme ça. Ensuite me verdict est donné par ses deux « médecins » que sont Apollon et son fils. Face à cela, Ronsard se résigne et plus le poème avance, plus Ronsard accepte de partir. Le premier tercet est la véritable représentation de cette acceptation, on se représente aisément Ronsard sur son lit de mort, faisant ses adieux au calme.Malgré cela, la tristesse est omniprésente, elle envahit le poète tout entier. L’auteur utilise le champ lexical des pleurs pour exprimer son désarroi et celui de ses amis. Ceux-ci sont en larmes de voir Ronsard dans un tel état. Le poète répète anaphoriquement trois fois le mot « Adieu » (vers 7 et 14) à chaque fois dans une phrase exclamative. Ces adieux marquent le malheur de l’auteur à quitter lavie et ses plaisirs symbolisés par le « soleil » (vers 7) ainsi que « mes chers compagnons […] mes chers amis ! » (vers 14). Il est emplit de regrets à l’idée que ces amitiés ne peuvent le suivre là où il se rend, il va jusqu’à éprouver de la nostalgie. Plus jamais il ne reverra le soleil, plus jamais il ne reverra ses amis si fidèles, l’accompagnant et le consolant sur son lit de mort....
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