Commentaire profession de foi du vicaire savoyard fin première partie

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  • Publié le : 3 mai 2011
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Le fil rouge de la PdF est le recours, pour définir des principes de vie, à ce que Rousseau qualifie tour à tour de conscience, sentiment intérieur, instinct divin, foi ou encore lumière intérieure, autant qu'à l'intelligence et à la raison pure de ceux qu'il appelle péjorativement les philosophes. C'est cette idée qui est à l'origine de la religion naturelle, définie dans ce livre. En cela, cepassage est une clé de l'œuvre, puisqu'il présente en fait une définition et une apologie de la conscience. En effet, même si Rousseau n'est pas anti-rationaliste, la conscience est présentée ici comme un complément, et même un guide, tout ce qu'il y a de plus essentiel à la raison et à l'intelligence. On trouve à l'apogée de cette démonstration le célèbre paragraphe :"Conscience ! Conscience !Instinct divin, immortelle et céleste voix, etc.".
Mais doit-on vraiment suivre notre conscience au point de parfois la préférer à la raison ? Pour Rousseau, la question n'a pas vraiment de sens car la raison finit toujours par nous ramener à la 1e impression donnée par la conscience. Mais cette question a tout de même une certaine importance, car si la conscience est infaillible, comme leprétend Rousseau, comment explique-t-il le mal indéniablement présent en l'Homme ?

I- Les origines de la conscience

1) Idées // sentiments

Mais avant de s'attaquer au problème du mal, Rousseau tente de remonter aux origines de la CS. Il commence cet extrait par la distinction entre les sentiments et les idées, grâce à la note qu'il insère. Ces 2 notions sont très proches, car ellesreprésentent une perception et ses conséquences sur notre esprit, mais Rousseau les distingue par le sens de la progression de la perception dans notre esprit. Une idée porte en premier lieu sur un objet extérieur, alors qu'un sentiment porte avant tout sur nous-même. Mais la réflexion fait ensuite se rejoindre les 2 perceptions
Rousseau définit ces 2 notions pour pouvoir les classer chronologiquement.Pour lui, les sentiments sont forcément antérieurs aux idées, car contrairement à ces dernières, certains sentiments sont innés. Ces sentiments innés sont l'amour de soi et ses conséquences directes, que Rousseau liste : la crainte de la douleur, l'horreur de la mort et le désir du bien-être. Ils peuvent être classés comme des sentiments, selon la définition précédente, car ils portent bien surl'Homme lui-même en premier lieu. Ils se doivent d'être innés pour garantir la survie de l'espèce humaine, car ces sentiments sont vitaux.

Cette liste rappelle beaucoup la liste des caractéristiques de l'Homme à l'état de nature : il effectue un rapprochement entre les sentiments innés et ceux présents chez l'Homme sauvage. Les sentiments innés seraient une sorte d'essence bonne présente chezl'Homme, essence qui est ensuite pervertie par la société, par les sentiments et les idées postérieurs et provenant de la vanité.

2) Dualité sociabilité/insociabilité

Rousseau aborde ensuite les origines de la société. Il écrit que l'Homme est sociable par nature, mais que cette sociabilité ne provient pas des sentiments innés listés plus haut : la société étant pour Rousseau mauvaise,elle ne peut pas être une conséquence de l'amour de soi et du désir du bien-être. C'est ce qu'il sous-entend en disant que "le besoin physique (…) doit certainement disperser les Hommes au lieu de les rapprocher". L'instinct de société, s'il est inné, découlerait donc d'autres sentiments innés.
Dans la dernière phrase, il explique que c'est cette dualité des sentiments de l'Homme par rapport à lasociété qui est à l'origine de la conscience.

II- Définition et caractéristiques de la conscience

1) Conscience engendre l'amour du bien

Rousseau passe ensuite, après la recherche des origines de la conscience, à sa définition et à ses caractéristiques. Pour lui, la conscience est à la base de l'amour du bien, mais n'en est pas une condition suffisante. En effet, la conscience est...
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