Commentaire rousseau

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  • Publié le : 10 mai 2009
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Commentaire de texte

Jean Jacques Rousseau, Julie, ou la Nouvelle Héloïse

Ce texte, écrit en 1761, est tiré de l’' uvre de Jean Jacques Rousseau, Julie ou la Nouvelle Héloïse. Le sujet traité est le rapport entre le désir et le bonheur. L’auteur décrit les différentes étapes de la satisfaction d’un désir en énonçant que c’est le fait de désirer et d’imaginer l’objetde nos désirs qui mène au bonheur, et non la satisfaction de ces désirs.
Cet extrait est découpé en trois parties. Tout d’abord, de la ligne 1 à la ligne 3, la thèse du texte est énoncée, à savoir que le bonheur réside dans l’attente de la satisfaction d’un désir. Dans un second temps, de la ligne 3 à la ligne 12, l’auteur argumente sa thèse en parlant du rôle de l’imagination,qui rend comme présent l’objet de nos désirs, puis de la désillusion qu’engendre la satisfaction de nos désirs. Enfin, Rousseau conclut dans la dernière partie de l’extrait en affirmant que la seule source de bonheur possible pour les hommes est l’attente et l’imagination de l’objet de leurs désirs. Cet état de désir est-il le seul capable de procurer du bonheur ? Ne peut-on définitivement pasêtre heureux après la satisfaction d’un désir ?

La première phrase, « Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! » est une formule provocatrice et paradoxale. Elle est annoncée comme un avertissement, et l’auteur utilise la manière forte pour énoncer une idée qui va contre ce qu’on a tendance à penser d’habitude. En effet, il faut comprendre ici, que celui qui possède tout, doncqui n’a plus aucun désir à satisfaire, est voué au malheur. Or, de manière générale, on a tendance à penser que satisfaire tous ses désirs, c’est accéder au bonheur, et que le malheur viendrait plutôt de la frustration de l’attente de l’assouvissement de nos désirs. « Il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède » accroît le paradoxe, au point de le rendre incompréhensible, car on pourrait penserque celui qui n’aurait plus rien à désirer serait libéré du désagrément causé par la peur de ne pas satisfaire un désir, et serait ainsi gagnant. Rousseau nous assure pourtant que lorsqu’on satisfait tous ses désirs, on perd tout ce qu’on possède. Mais que peut-on perdre, lorsqu’on a tout ? Un début de réponse est donné dans le début de la phrase suivante, « on jouit moins de ce qu’on obtient quede ce qu’on espère ». Le verbe jouir est évoqué, mais concerne l’attente qui précède l’obtention de l’objet du désir, c'est-à-dire l’espérance d’obtenir, et non l’accomplissement du désir. L’utilisation de la notion d’espérance renvoie à quelque chose de joyeux et de fort. Il y a dans l’attente une véritable excitation. En effet, on peut prendre l’exemple d’un anniversaire ou de la fête de Noël,où l’on peut vraiment constater une réelle excitation des enfants avant d’avoir leurs cadeaux. On peut également trouver un exemple dans la littérature, avec le roman d’Albert Cohen, Belle du Seigneur, dans lequel une jeune femme nommée Ariane met beaucoup plus de soins dans la préparation des rendez-vous qu’elle a avec son amant qu’au rendez-vous lui-même. Le roman montre l’état d’excitation et debonheur qu’on peut trouver dans l’attente. L’auteur, en disant qu’on « n’est heureux qu’avant d’être heureux », affirme que l’on est plus heureux avant d’accomplir un désir qu’une fois le désir accomplit, et nous répète donc que l’accès au bonheur ne se trouve pas là où on l’attend, à savoir dans la satisfaction du désir. De manière générale, lorsque l’on désire quelque chose, on place le bonheurdans le futur, et il est alors souhaité, imaginé. Selon Rousseau, cette imagination qui caractérise l’attente serait plus forte que la satisfaction, et on ne serait heureux qu’à ce moment là.
Avec la suite, « En effet, l’homme avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir », l’auteur s’explique sur les affirmations qu’il a énoncé juste avant en décrivant le...
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