Commentaire rousseau

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  • Publié le : 11 avril 2011
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Dissertation n°1

« Qu’est-ce que le roman, en effet, sinon cet univers où l’action trouve sa forme, où les mots de la fin sont prononcés, les êtres livrés aux êtres, où toute vie prend le visage du destin.»

Albert Camus, L’Homme révolté (1951)

Introduction :

Lorsqu’il est analysé, le travail du romancier est souvent comparé à celui du démiurge. La création de roman se voit ainsi miseen parallèle avec la création de mondes. Camus reprend cette analogie, lorsqu’il affirme, dans L’Homme révolté : « Qu’est-ce que le roman, en effet, sinon cet univers où l’action trouve sa forme, où les mots de la fin sont prononcés, les êtres livrés aux êtres, où toute vie prend le visage du destin.» Camus conçoit ainsi le roman comme un « univers » qui serait une reproduction organisée du monderéel. Loin de se contenter de reproduire l’existence, il en livrerait, en effet, une image condensée et intensifiée. Il y aurait, dès lors, perfectionnement du monde à travers le reflet qu’en livre la fiction. Le caractère disparate, inachevé, fragmenté du réel, tel qu’il s’offre au regard d’une subjectivité, disparaîtrait au profit d’une peinture claire et cohérente du monde. C’est pourquoiCamus place au cœur de sa vision du roman l’idée de destin, en opposition à la dimension aléatoire et incertaine de l’existence. Cette référence au destin, confortée par l’expression « mots de la fin », bannit ainsi le hasard, inhérent à la vie, de la sphère du roman et fait, de celui-ci, par là-même, l’instrument de la création d’un ordre rassurant. Camus réactualise ainsi, dans son analyse, lanotion de mimesis, affirmant que le roman ne viserait pas tant à refléter fidèlement le réel, qu’à en donner une image synthétique et sublimée, réconfortante pour un lecteur en quête d’unité, cherchant à ressaisir, par le biais de la fiction, son être morcelé. Un tel discours caractérise, en effet, l’inquiétude d’un écrivain du XXème siècle, époque hantée par un questionnement sur le sens de l’histoireet le chaos du monde. L’auteur semble donc, à travers sa réflexion, définir le roman comme un lieu permettant de se soustraire à l’absurdité de la condition humaine. En créant des destins, le romancier se substituerait en quelque sorte à Dieu et redonnerait à la fiction le sens que l’existence humaine a perdu.

Une telle affirmation amène à s’interroger sur la fonction du roman : est-il bience système rassurant, créateur d’ordre que veut y voir Camus ?

Si le roman apparaît, en effet, comme un système clos et organisé, il n’en demeure pas moins marqué par une plurivocité qui trouble la tranquillité du lecteur. Le roman ne viserait-il donc pas plutôt à organiser, plutôt que le monde, la pensée d’un auteur ?

I. Le roman : un univers clos et organisé

II. Mais traversé par uneplurivocité qui déstabilise le lecteur

III. Un genre qui organise surtout le système de pensée d’un auteur

I. Le roman : un univers clos et organisé

Le roman, contrairement à l’existence dont il offre un reflet, constitue un ensemble nettement délimité et soumis à une organisation. Une telle impression naît du triple traitement que le romancier fait subir aux faits dont il emplit sonœuvre : sélection, structuration, stylisation.

1. Sélection

Le romancier sélectionne une série de personnages et de faits qui renvoient à une réalité plus vaste.

Exemple : Balzac cherche à dresser un portrait des mœurs d’une société entière à travers quelques personnages dont les traits sont grossis à l’extrême. Le Père Goriot est ainsi un protagoniste tout entier conçu pour la démonstrationdes ravages de la passion. Par cet effet de sélection et d’amplification, le lecteur doit avoir le sentiment de pouvoir appréhender le réel dans son essence, d’englober le monde dans son intégralité.

Citation : Peinture de la Pension Vauquer « Une réunion semblable devait offrir et offrait en petit les éléments d’une société complète. » (p. 40)

Citation critique : préface de Pierre et...
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