Commentaire sur le sopha

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  • Publié le : 15 novembre 2009
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Commentaire Crébillon
L'extrait que nous allons expliquer est le dernier texte du Sopha, précisément les deux derniers paragraphes. Nous venons d'apprendre qu'enfin, un couple de jeunes gens a échangé ses prémices sur le sopha, délivrant ainsi Amanzéi, ce qui n'est pour lui qu'une délivrance ambigüe, puisqu'amoureux de Zéinis, il souffre de cette séparation avec l’objet de son amour.
Cetexte est un retour à la situation d’énonciation initiale, qui fait un bilan sur l’œuvre, une conversation entre le narrateur et son public, qui clôt l’œuvre.
LECTURE
Mouvements du texte :
1/ …. « que celles qui pouvaient l’amuser » : réaction du lecteur naïf et exigence du divertissement
2/ « Quand les choses que vous avez racontées » … «la répétition continuelle et inévitable du fond »: réaction du lecteur critique et la problématique du portrait de mœurs
3/ « En effet, dit le sultan » … fin : clausule humoristique et cinglante, manifeste de style de l’écriture de Crébillon
*Problématique : en justifiant *ses partis-pris* et en anticipant *sa réception,* ce passage permet *au narrateur, et à travers lui à l’auteur, de clore l’œuvre sur une poétique du conte.L’exigence du divertissement Exclamation qui témoigne des talents de conteur d’Amanzéi puisque le sultan réagit comme s’il était brusquement ramené à la réalité : il est surpris que ce soit fini.

1er degrés habituel du Sultan. Son exclamation « quoi ! c’est là tout » est d’autant plus drôle que tout au long de l’œuvre, il s’est plaint de ce que les récits s’étendaienttrop, demandant plusieurs fois à Amanzei de les réduire, de sauter des étapes, bref : de raccourcir son récit.

Commencer le paragraphe par une modalité exclamative + phrases averbales souligne le caractère rustre du Sultan.

Le Sultan est manifestement déçu que ce soit fini : preuve encore de son incapacité à être bon lecteur puisqu’il n’y prend pas de recul sur cequ’il vient d’entendre, il réagit spontanément, immédiatement : contrairement à la Sultane qui prend le temps de s’approprier le récit pour faire une critique réfléchie, pas seulement fondée sur un ressenti.

Alternative railleuse : Amanzéi a dû censurer certaines choses parce qu’il laisse entendre qu’il sait qu’il se passe plus que ce « bien peu de choses » qu’ilraconte -> la répétition d’une même structure « bien peu de temps » « bien peu de choses » donne un ton ironique à la phrase Néanmoins, Crébillon est très sensible à l’exigence du docere et placere : Préface des Egarements : « l’homme qui écrit ne peut avoir que deux objets : l’utile et l’amusant. »
Ici il vient de justifier son œuvre par le placere (j’ai sélectionné tels récits pour nepas vous ennuyer), à présent dans son échange avec la sultane, qui marque le second mouvement du texte, c’est sur le docere qu’il va s’attarder :

II – Réaction du public averti et critique : la problématique du portrait de mœurs
« Quand les choses que vous avez racontées, dit la Sultane, seraient plus brillantes que celles que vous avez supprimées, et je le crois (puisqu’il estimpossible d’en faire la comparaison) on aurait toujours à vous reprocher de n’avoir amené sur la scène que quelques caractères, pendant que tous étaient entre vos mains, et d’avoir volontairement resserré un sujet qui, de lui-même, est si étendu » Exemple d’une critique intelligente : accepte le parti-pris du narrateur et le reconnaît comme étant judicieux : elle cautionneson choix par l’incise « je le crois »
Supériorité de la Sultane en tant que lectrice, qui est de connivence avec le narrateur : « et je le crois » : elle pense qu’Amanzéi a fait les meilleures choix de sujets à étudier. Analogie avec la relation de complicité auteur/lecteur nécessaire dans le conte libertin : pour comprendre les allusions, les sous-entendus, cette...
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