Commentaire sur voyage au bout de la nuit celine

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  • Publié le : 21 décembre 2009
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VOYAGE AU BOUT DE LA NUIT

I/ Parodie de « bilan » de roman initiatique :

A- Roman de déformation
B- Robinson modèle

II/ Voix qui dynamite les idéologies :

A- Un réquisitoire ironique contre les idées
B- Voix explosée mais vraie

III/ Une vision pessimiste transcendée par l’humour

A- La noirceur
B- La dérision
C-mort ultime but glorieux

Intro : Lanouveauté de Céline tient dans son écriture : un langage chargé d’émotions immédiates, vivant qui a redonné au roman français un souffle véhément et qui tient aussi de la présence débordante de son narrateur. Celui de Voyage au bout de la nuit, Bardamu présente de façon hallucinée l’absurdité de la guerre, le cynisme des colonies, l’exploitation industrielle aux Etats-Unis, la misère ouvrière en banlieueparisienne où il a ouvert un cabinet médical. C’est à la fin de ce long périple initiatique qu’il dresse un bilan qui n’est pas sans rappeler les grands romans d’apprentissage (Le Rouge & le noir), à la différence que le fil de la voix semble brisé, haletant, ironique. Comment l’introspection conduit-elle ici a une vision pessimiste de l’existence, hésitant entre l’angoisse et la dérision, lerire et le tragique ? Après avoir étudier le bilan d’une vie ratée dressé par le narrateur nous nous pencherons sur le langage singulier et la vision tragique que nous livre cette voix hors du commun.

Parvenu au terme de son « trimbalage » le narrateur dresse le bilan d’un parcours chaotique. Tout d’abord, au lieu des acquisitions espérées du roman de formation classique, sa voix se solde par unéchec (l.8) « j’avais pas réussi ». Le plus que parfait est le temps de l’irrémédiable, échec compensé par une maigre concession (l.16). Le sentiment d’usure, de lassitude domine ici, qui est souligné par la redondance « j’étais plus prêt non plus » (l.7) => lourdeur volontaire. Métaphore de la vie, comme un dessin, un itinéraire parvenu au stade terminal (voyage au bout de la nuit) (l.3) « au boutqu’on été arrivé nous autres ». Champ lexical du terminal, de l’achèvement (l.2) «  bien fini, refermé ». Ce désir de retour apparaît dans le texte avec des termes qui sont pourvus du préfixe réitératif (l.1) « retrouvait », (l.2) « revenait » => temps du passé, de la faille, du manque, temps perdu (imparfait). Nostalgie d’un passé, du possible, de ce que l’on aurait pu faire mais qu’on a pas fait(l.4) « faudrait pouvoir recommencer ».
La comparaison obsessionnelle avec Robinson. Il est la parodie du double héroïque qui renvoie à la symbolique de l’aventurier. Enormément de comparaison qui traduisent un ressassement d’échecs personnels.
C’est à travers cette figure de Robinson que Céline se livre à la critique de son idéologie comme on va le voir.
Ce passage est une sorte de preuve parl’exemple qu’il vaut mieux parler pour ne rien dire que mourir pour une idée.
Il se livre à un éloge paradoxal des idées tout en ayant l’air d’envier Robinson, le narrateur le discrédite à travers la phrase (l.8/9) «  j’en avais pas acquis moi une seule idée bien solide comme celle qu’il avait eu pour se faire dérouiller ». Accumulation hyperboles valorisantes (l.18) « superbe pensée », (l.10)« belle idée, magnifique », (l.8) « une seule idée bien solide ». A la fin du texte, il pousse l’hyperbole jusqu’au paroxysme (l.19) « une idée plus forte que la mort ». Plusieurs indices laissent sous-entendre, ces fameuses idées, le narrateur les dénoncent et les discréditent. Le premier indice est la répétition du mot « idée » sans jamais laisser soupçonner le contenu de ces idées. Ce quisous-entend aussi que les hommes ne cherchent qu’à se rassurer pour donner un sens à leur vie. Le deuxième indice est la tournure similaire qui dénonce le cote pervers des idées, dangereux. Les idéologies quelles soient passionnelles, individuelles (Robinson) ou bien collective (patriotisme de la première guerre mondiale) conduisent à la mort. L’apparente dévalorisation de ces idées sonne en réalité...
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